Parlons football africain

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Demain, dimanche 6 février 2022 se déroulera la finale de la 33ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Cette édition, qui a démarré le 9 janvier 2022 dernier et qui prendra fin demain, se tient au Cameroun. Et comme en 1972, le Cameroun n’a pu garder le trophée à domicile. Avant de parler de cette 33ème édition, nous allons faire un bref historique.

1.Quand le Cameroun organisa sa première coupe d’afrique des nations (CAN)….

Equipe nationale du Cameroun, 1972

La 8ème édition de la Coupe d’Afrique (CAN) des nations de Football (CAN), qui s’est tenue du 23 février au 5 mars 1972 eut lieu au Cameroun. Et c’était la première fois que ce pays accueille la compétition, disputée dans deux villes : Yaoundé et Douala. Huit (8) pays étaient présents à cette édition : Cameroun, Congo (aujourd’hui Congo-Brazzaville), Kenya, Mali, Maroc, Soudan, Togo, Zaïre (aujourd’hui RDC). Le tenant du titre était le Soudan.

Le Cameroun pays organisateur était qualifié d’office. Ces huit équipes furent réparties en deux groupes : A (Cameroun, Mali, Kenya et Togo) et B (Congo, Maroc, Soudan et Zaïre).  À l’issue du premier tour, qui se déroula du 23 au 29 février 1972, le Cameroun et le Mali respectivement 1er et 2e du groupe A furent qualifiés pour les quarts de finale. Dans le groupe B, ce furent le Zaïre et le Congo, respectivement 1er et 2e qui furent qualifiés.

 2.Le Congo-Brazzaville remporta sa première CAN.

C’était le 2 mars 1972 qu’eurent lieu les demi-finales opposant, d’un côté le Cameroun au Congo, et de l’autre le Zaïre au Mali. Pour ce qui est de la première demi-finale, le Congo vint à bout du Cameroun 1 but à 0. Quand le Mali battit le Zaïre de 4 buts à 3.

Le 4 mars, le Cameroun battit le Zaïre par 5 buts à 3 pour la troisième place.

Le 5 mars 1972, ce fut la finale entre le Congo de François M’Pélé et le Mali de Salif KÉITA dit Domingo. Cette finale fut remportée par le Congo par 3 buts à 2, à l’issue du temps réglementaire. Le meilleur buteur de cette 8ème édition fut Fantamadi KÉITA du Mali avec 5 buts.

3.Et le Cameroun réussit à organiser sa CAN malgré tout.

Nous sommes tous sans ignorer que depuis décembre 2019, la pandémie du Covid-19 sévit. Cette pandémie a fortement impacté le tournoi avec des joueurs positifs. Et le cas de l’équipe des Comores est assez révélateur. En effet, plus de la moitié des joueurs de ce pays furent testés positifs, dont les 3 gardiens de but. Il fallut un joueur de champ pour suppléer à cette absence contre le Cameroun en huitième de finale.

Outre le Covid-19, il eut le problème des clubs européens qui n’étaient pas favorables à laisser venir jouer les professionnels africains. Et comme leur influence est grande sur la FIFA, celle-ci proposa que la CAN soit postposée, soit carrément annuler. Et n’eut été la détermination du nouveau président de la fédération Camerounaise de football, la légende du football Samuel ÉTO’O, cette 33ème édition n’aurait pu se tenir.

N’empêche. Revenons à l’édition elle-même. Nous avons eu à déplorer la mort de 8 personnes décédées au stade d’Olembé. Et nous pensons que le gouvernement Camerounais diligentera une enquête afin que les responsabilités soient situées. Et nous déplorons, également les casses orchestrées par des supporters Camerounais à la suite de l’élimination de leur pays. Donc comme en 1972, c’est le Cameroun pays organisateur de la 33ème édition de la CAN ne jouera pas la finale.

Adolphe Bibanzoulou (au centre), Congo, 1972 

La finale opposera le dimanche 6 février 2022, l’Égypte de Mohamed SALLAH au Sénégal de Sadio MANÉ. Ces deux vedettes jouent ensemble à Liverpool.

Cependant, comparativement  à la CAN de 1972, il eut des éléments nouveaux :

D’abord, pour la première fois, un match de Coupe d’Afrique des nations (CAN) a été arbitré par une femme. La Rwandaise Salima Rhadia Mukansanga a en effet officié en tant qu’arbitre central lors de la rencontre entre le Zimbabwe et la Guinée (2-1), du mardi 18 janvier 2022.

Ensuite, c’est le nombre d’équipes participantes. De 8, on est passé à 16.

Enfin, l’autre fait marquant, c’est l’utilisation de l’arbitrage vidéo en assistance (ou en anglais Video Assistant Referees ou VAR). Certes son utilisation ne fait pas l’unanimité, cependant il permet des fois de nuancer les jugements des supporters.

En termes de football, chapeau au Burkina Faso, au Comores et à la Guinée équatoriale qui ont produit un football simple fait d’engagement et d’équipe. Ce qui est remarquable, c’est que les entraîneurs des ces pays sont des nationaux. Les déceptions, selon nous sont l’Algérie, tenant du titre, la Côte d’Ivoire et le Cameroun.

Les alibis des fennecs d’Algérie ne tiennent pas. Leur mauvaise performance peut être due soit soit à une mauvaise préparation, soit à un problème interne.

Quant à la Côte d’Ivoire, le coach Patrick Baumelle a montré ses limites, surtout contre l’Égypte. À la sortie de Franck KESSIÉ, qui a une vocation offensive, il a fait rentrer Serey DIÉ un milieu défensif. En plus, il met SÉRI le milieu défensif en milieu relayeur. Alors qu’il suffisait de faire entrer SAHA à la place de KESSIÉ. Donc, la Côte d’Ivoire s’est retrouvée coupée en deux. Et HALLER fut isolé dans la défense égyptienne.

Enfin, le Cameroun a produit un football basé sur le physique. Et pourtant ce pays regorge de talents. Là aussi, l’entraîneur n’a pas impacté le jeu des Camerounais. Nous pensons que ces deux pays doivent opter pour des entraîneurs nationaux avec des anciens joueurs comme le Nigéria et le Sénégal avec respectivement, Augustin  AUGAVEON et Aliou CISSÉ. Bref, on fera le bilan global après la finale.

Elle promet cette finale. Et nous espérons voir du beau football. Si l’Égypte est à ce jour la plus titrée de la CAN, avec 7 trophées, le Sénégal n’a jusqu’ici pas eu de chance. Elle fut la finaliste malheureuse contre l’Algérie en 2019. Cette fois serait-elle la bonne comme ce fut le cas du Congo-Brazzaville en 1972 ?4.L’histoire se répétera-t-elle en 2023 ?

La prochaine CAN se déroulera en Côte d’Ivoire. Il faut pour cela prendre maintenant les devants. En premier lieu que les élections à la présidence de la fédération se tiennent au plus tard en mai 2022. Ensuite, il faut remplacer le coach Beaumelle, soit par YÉO Martial ou soit par ZAHOUI François. Il faut les mettre dans les mêmes conditions que les entraîneurs étrangers.

Enfin, il faut impliquer tous les anciens joueurs en organisant les états généraux du football ivoirien qui se meurt localement.

 CONCLUSION.

Depuis 1957, l’Afrique en particulier, et les amateurs du football, en général vibrent aux différentes CAN. Jusqu’à cette dernière, nous en somme à la 33ème édition. Ce sont des moments forts et de communion entre les Peuples venus de presque tout le Continent-Mère. Cette dernière CAN a certainement connu des manquements (on déplore la mort de 8 personnes mortes dans la bousculade), mais elle a connu des moments forts, de l’amitié et pas d’animosité dans les stades. Le football doit rester un sport et le fair-play doit être un devoir pour tous les amateurs de ce sport. Nous souhaitons un bon vent aux deux finalistes et qu’ils nous montrent le beau football.

Nous sommes déjà tournés vers la 34ème édition en Côte d’Ivoire, et espérons qu’elle se passe dans des meilleures conditions.

Par ailleurs, comme nous l’avons indiqué, c’est en 1972 que le Cameroun organisa sa première CAN. Elle ne l’a remporta pas. Il fallut attendre, en 1984, lorsque la Côte d’Ivoire organisa, à son tour la CAN pour voir enfin le Cameroun la remporter. D’ailleurs, depuis cette CAN de 1984, les lions indomptables du Cameroun en ont ajouté quatre autres CAN. Et comme, la CAN 2023 sera organisée en Côte d’Ivoire, l’histoire se répétera-elle ?

« L’HISTOIRE EST LE TRIBUNAL DES PEUPLES.»

 

Tapé GROUBERA, President du Mouvement pour la Renaissance de l’Afrique (MORAF).

Auteur du livre CES AFRICAINS ENNEMIS DES AFRICAINS.

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