CÔTE D’IVOIRE: Levée de boucliers.

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Tout va bien. Laurent Gbagbo est rentré, le mercredi 7 juillet 2021, de son bref séjour kinois et rencontre son aîné, Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA, le samedi 10 juillet, à Daoukro.

Le lundi 5 juillet, Mme Simone Éhivet-Gbagbo nous a sortis de la gadoue des débats de bas étage dans lesquels nous pataugions en pleine républiquette des jupons. Et la politique, malmenée, depuis le lundi 21 juin 2021, par le communiqué de la procédure de divorce, a repris ses droits.

A son retour, le 17 juin, Laurent Gbagbo s’est déclaré prêt pour les futures batailles. “M. le secrétaire général, nous allons travailler; vous allez me dire quand. Je suis votre soldat et je suis mobilisé”, s’est-il adressé, à travers Dr Assoa Adou, à ses militants et partisans.

S’il s’est montré partisan, son épouse, dans son message, le lundi 5 juillet, a lancé, aux Ivoiriens, un appel qui transcende les partis, les régions et les religions pour sa “vision”, celle d’une “nation véritablement réconciliée, développée, modernisée”.

Le 30 novembre 2019, Mme Gbagbo avait suscité une vive polémique. “Laurent Gbagbo doit rester au centre de nos revendications, mais notre vision, ce n’est pas lui, mais la Côte d’Ivoire nouvelle”, déclarait-elle, à Yopougon-Azito.

Même si elle avait affirmé que Laurent Gbagbo incarnait cette vision, elle avait commis, aux yeux des farouches partisans de l’ex-président de la République, une faute politique.

C’est pourquoi, en pleine procédure de divorce, sa sortie du 5 juillet est assimilée à une déclaration de guerre qui provoque une levée de boucliers. Elle est accusée d’avancer masquée et de prêcher pour sa propre chapelle, surtout qu’elle est restée, cette fois-ci, muette sur le porte-flambeau de cette lutte.

Et circonstance aggravante, elle a remercié le chef de l’Etat pour le retour au pays de son époux. C’est un inadmissible crime de lèse-majesté.

Elle est donc l’objet de toutes les critiques acerbes qui vont de sa présumée collusion avec le pouvoir à ses ambitions démesurées, pour une feuille politique morte qu’elle serait sans la tutelle de Gbagbo.

C’est donc la guéguerre entre pro- et anti-Simone Ehivet-Gbagbo dans le trouble marigot du FPI, déjà perturbé par la confrontation entre GOR et Affidés.

Et la sagesse enseigne que c’est quand l’eau est trouble que les poissons se reconnaissent. De part et d’autre, les uns et les autres ont donc les yeux fixés sur leur vision. Et tout va bien.

F. M. Bally

AKONDA NEWS

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