HAMED BAKAYOKO: personnage enigmatique

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Décédé le 10 mars dernier en Allemagne des suites d’un cancer foudroyant, le premier ministre, chef du gouvernement ivoirien Hamed BAKAYOKO est présenté comme le veut la tradition africaine sous un angle mélioratif par les médias et bon nombre d’ivoiriens, en particulier, ses partisans, sa famille politique et ses proches.

Si l’on tente d’imposer à la conscience collective ivoirienne et au reste du monde, l’image d’un homme d’Etat débonnaire, remplit de sociabilité et d’altruisme, une frange de la population ivoirienne retient de celui que l’on appelait « demi-dieu » une image péjorative loin d’être un modèle de vie pour la jeunesse ivoirienne paumée, désorientée en partie du fait des agissements d’Hamed BAKAYOKO.

Entré en politique avec son journal le Patriote, il a été un fervent défenseur de Félix Houphouët BOIGNY sur qui l’opposition et sa presse tiraient à boulets rouge, Hamed BAKAYOKO a su s’imposer au sein des directions du PDCI-RDA, du RDR et du RHDP par sa témérité à « casser » ses adversaires politiques là où la force des muscles se faisait sentir. Déjà, dès les années 90 il fait parti de ces jeunes appelés « loubards » que le PDCI-RDA ainsi que le MEECI (Mouvement des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire) de Félix Houphouët BOIGNY utilisait pour tenter de museler la FESCI (Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire).

Né à adjamé (Quartier commercial d’Abidjan où le grand banditisme sévit) et issu d’une famille d’imâmat modeste, Hamed BAKAYOKO a grandi et s’est forgé dans un milieu difficile avant de faire route commune avec le tristement célèbre Thierry ZEBIE (grand chef de la pègre ivoirienne dans les années 90 »

Aussi, son incursion dans le milieu de la nuit en qualité de propriétaires de bar et boîte de nuit ne laisse personne indifférent quant à sa promiscuité avec les réseaux de trafiquants de drogue qui utilisaient ses établissements pour des transactions.

Considéré pendant longtemps sans aucun démenti comme le parrain des gnambros (groupe de jeunes syndicalistes armés sous l’emprise de l’alcool et de la drogue qui rackettent les transporteurs dans les gares routières), des investigations journalistiques mentionnent également  son identité dans des réseaux de trafiquants de cocaïne en afrique de l’ouest en qualité de gros bonnet. De plus, fort est d’admettre que les regards sont  encore tournés vers lui à la suite de la récente saisie par la gendarmerie dans le quartier d’angré (Cocody) d’une importante quantité de cocaïne.

Bien que ministre de l’intérieur, de la défense et premier ministre, plusieurs milices comme les encagoulés (police secrète qui opère en cagoule pour les enlèvements) et les  microbes (jeunes armés sous l’emprise de la drogue qui terrorisent les populations)  lui sont attribués comme étant une fois de plus le parrain. Ces milices présumées être à sa solde ou pour le compte du RHDP constitueraient une arme secrète entretenue contre l’opposition et ses leaders.

Personnage énigmatique et grand maître de la grande loge de Côte dIvoire, il su s’attirer l’amour et la protection du couple OUATTARA pour qui il devait toute sa carrière politique ainsi que son ascension sociale, et s’affairer énergiquement pour protéger les intérêts du couple présidentiel était son combat au quotidien. N’est il pas appelé « fils » du chef d’Etat Ivoirien Alassane OUATTARA  en raison de sa fidélité et sa loyauté en son service depuis plus de trente ans?

Ange ou démon, Hamed BAKAYOKO a subitement avalé son extrait d’acte de naissance en laissant dans la mémoire des ivoiriens une image d’instigateur ou de complice de plusieurs assassinats, complots, enlèvements, arrestations arbitraires, séquestrations des opposants à la DST, parrain de réseaux mafieux et de milices ayant fortement paumé la jeunesse ivoirienne.

Pis, il part sans avoir apporté la moindre preuve de son innocence dans cette affaire de chef mafieux qui l’a beaucoup ébranlé et diminué huit mois auparavant avant la tragique mort de Amadou Gon COULIBALY à la veille des élections présidentielles d’octobre 2020.

Que cache donc la mort du « golden boy » ? Guerre de succession, empoisonnement, nettoyage du réseau ou mort naturelle ? Pour l’heure les commentaires et analyses vont bon train.

Adingra OSSEI

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