Ce que je pense…

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Un très bon état esprit. Mon esprit est totalement disposé pour  la paix et la réconciliation. Je me suis aussi totalement débarrassé de mon “complexe de xénophobie”. Je suis ivoirien et fier de l’être. Je suis pro-Côte d’Ivoire. Je suis ivoirien avant d’être baoulé. Je combats le tribalisme, le favoritisme, le rattrapage ethnique, le népotisme…, tous les vilains concepts qui créent la division et les crises et qui nous empêchent de créer une nation. A la vérité, Houphouët-Boigny nous a légué un pays. Il nous faut maintenant aller dans une nation. Une nation avec tout ce que cela implique: notre identité (culturelle, historique, psychologique…).

On me demande à l’instant ce que je pense du concept de l’ivoirité.

Voici ce que je pense.

 Le concept de l’ivoirité sorti des laboratoires et/ou des entrailles du Pdci-rda a toujours été brandi à tort ou à raison comme étant le point de départ des crises successives que notre pays a connues. Pour notre part, ce concept qui semble-t-il pose la problématique de l’identité ivoirienne a été mal expliqué et/ou pas assez expliqué par ses concepteurs. Parce que mal compris, il a été mal récupéré et mal exploité par certains politiciens, les adeptes de la victimisation. Plus de trois décennies après alors que concepteurs et opposants d’hier se retrouvent (ironie du sort) dans des rôles inversés, nous voici rattrapés par le même concept. Il est encore là  sans qu’une réponse intelligente et définitive ne soit trouvée.

Ah! La politique. La gestion du pouvoir d’État  sous nos cieux: on apporte jamais une solution définitive à un problème donné mais on le déplace pour qu’il puisse nous rattraper plus tard.

 Que faire maintenant puisque nous sommes rattrapés par ce que nos politiciens  ont déplacé? Doit-on fuir ou chercher encore à le déplacer pour qu’il prenne encore rendez-vous avec la prochaine génération? Doit-on le léguer comme héritage à nos enfants ?

Mal expliqué et/ ou pas assez expliqué avons-nous dit.  1993 n’est pas 2021. Si en 1993 seule la voix des officiels comptait, en 2021, le monde a évolué et les choses ont changé. Le monde a véritablement et foncièrement changé avec l’avènement des réseaux sociaux. On ne va plus vers les informations, elles viennent à nous. Les informations sont en temps réel. Nous sommes à l’ère de la démocratie des médias,  lesquels médias invitent par voies diverses même le citoyen lamda aux débats publics. La démocratie  des medias ou la démocratie  participative. Chacun s’invite aux débats. Avec la multitude des supports de communication qui s’offrent à nous, les concepteurs de l’ivoirité ont maintenant l’occasion de mieux et longuement expliquer pour ne plus que ce concept soit mal récupéré et mal exploité. L’ivoirité doit reprendre toute sa place dans le débat politique. On ne peut plus continuer à être le seul pays au monde où parler de notre identité est un crime de lèse-majesté.

Cette question relative à l’identité ivoirienne doit être débattue avec courage, sérénité, sans faux-fuyant, sans fanatisme, sans extrémisme et donner dans les injures et la bagarre. Sans calculs politiciens, sans mauvaise foi et hypocrisie. L’ivoirien doit enfin  sortir  de son complexe de xénophobie dans lequel il a été confiné depuis plus de trois décennies. Car, il est inconcevable d’être à la fois une chose et son contraire. On ne peut pas porter fièrement  la médaille de champions  de l’hospitalité et continuer ou accepter d’être taxés de xénophobes. Apportons une réponse définitive à cette question. N’ayons pas peur ou honte d’en parler. Il nous appartient de changer définitivement le regard des autres sur nous. Je disais à cette fin à mon ami et frère TAPSOBA  (cadre du Rhdp-unifié ) avec qui j’ai longuement échangé avant de faire cette modeste contribution qu’ il revient à nous(peuple souverain) pour les échéances électorales à venir d’imposer aux différents candidats des thèmes de campagne qui sont entre autres: l’identité ivoirienne; l’immigration; la réconciliation; le foncier; l’école; la santé. Des solutions concrètes et définitives. “Solutionner et non déplacer” tel devra être le slogan du peuple souverain.

Sur ce, il me plait de dire sans complexe de xénophobie  “que je suis ivoirien et fier de l’être”

Une contribution d’Emmanuel De Kouassi

AKONDANEWS.NET

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