|
Lecteur Audio
Getting your Trinity Audio player ready...
|
Nouveau rebondissement judiciaire pour le militant panafricaniste Kemi Seba. Visé par un mandat d’arrêt émis par les autorités béninoises pour son implication présumée dans la tentative de coup d’État de décembre dernier, il a été interpellé en Afrique du Sud où une « procédure d’extradition en cours » a été engagée, selon un communiqué de la police sud-africaine consulté par l’AFP.
D’après la même source, le leader de l’ONG « Urgences panafricanistes » a été arrêté lundi pour des « faits présumés de facilitation d’entrée illégale au Zimbabwe via le fleuve Limpopo ». Cette interpellation intervient alors que Kemi Seba, suivi par 1,5 million d’abonnés sur les réseaux sociaux, est poursuivi au Bénin pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État et incitation à la rébellion ».
Les autorités béninoises l’accusent d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de décembre, une charge que l’intéressé a toujours rejetée publiquement, dénonçant une « persécution politique » contre ses prises de position souverainistes.
Connu pour ses discours anti-impérialistes et ses actions coup de poing contre le franc CFA, Kemi Seba fait l’objet de plusieurs procédures sur le continent. Son arrestation en Afrique du Sud relance le débat sur la coopération judiciaire régionale et le traitement réservé aux figures de la société civile engagées sur les questions de souveraineté.
Le ministère béninois de la Justice n’avait pas encore réagi officiellement mardi soir. Du côté de la police sud-africaine, aucune date d’audience liée à la demande d’extradition n’a été communiquée.
L’arrestation de Kemi Seba à Johannesburg ouvre un nouveau chapitre judiciaire et diplomatique entre Cotonou et Pretoria. Au-delà du sort de l’activiste, l’affaire teste la solidité des mécanismes d’extradition en Afrique et met en lumière les tensions croissantes entre certains États et les figures du panafricanisme contemporain. L’issue de la procédure sud-africaine sera scrutée de près par les partisans comme par les détracteurs du leader d’ »Urgences panafricanistes ».
Serge Kpan, Correspondant à Abidjan
Akondanews.net