|
Lecteur Audio
Getting your Trinity Audio player ready...
|
Dans une enquête rendue publique ce jeudi 20 février 2025, Tiemoko Antoine Assalé, député-maire de la commune de Tiassalé, lève le voile sur un vaste réseau de fraudes foncières impliquant des responsables du ministère de la Construction et des opérateurs immobiliers. Au cœur du scandale : 1272 lots résiduels de Djorogobité 2, des titres falsifiés, et des actes de concession délivrés sur la base de guides parallèles. Une affaire qui secoue déjà l’opinion publique et met en lumière les dysfonctionnements du système foncier ivoirien.

L’affaire Djorogobité 2 prend une tournure inattendue. Tiemoko Antoine Assalé, député-maire de Tiassalé, a dévoilé hier les résultats d’une enquête approfondie sur la gestion des 1272 lots résiduels attribués au village de Djorogobité 2 après un long procès face à Abobo Baoulé. Ce qui devait être une victoire pour les villageois s’est transformé en un imbroglio juridique et administratif, révélant des pratiques douteuses au sein du ministère de la Construction.
Selon l’enquête, ces 1272 lots, déclarés « vierges » par le Directeur des affaires juridiques du ministère, Kaba Mory, auraient été distribués sur la base d’une interprétation controversée de l’arrêt de la Chambre administrative de la Cour suprême. L’ancienne DDU, Fofana, aurait reçu l’ordre de délivrer des actes fonciers sans titre officiel, ouvrant la voie à des irrégularités massives.

Le scandale prend de l’ampleur avec la révélation de l’existence d’un « guide parallèle », mis en place par un opérateur du nom de Traoré Nouvié. Ce guide, non reconnu par les villageois, aurait servi de base pour l’établissement d’attestations villageoises et la délivrance d’Arrêtés de Concession Définitive (ACD). Malgré les alertes des villageois, le ministère de la Construction aurait continué à délivrer des titres fonciers sur la base de ce guide illégal.
Parmi les cas les plus flagrants, celui de Komé Bakary, qui a obtenu une attestation domaniale signée par le Directeur du Domaine Urbain, Diallo Abdoulaye, puis un ACD signé par le ministre lui-même, alors qu’il ne figurait pas dans le guide officiel du village. Les villageois affirment que six terrains portant le nom de Komé Bakary leur appartiennent, sans qu’aucune vente n’ait eu lieu.
L’enquête révèle également des cas de falsification de documents. Kra Kouma, un autre directeur du ministère de la Construction, aurait envoyé à Assalé Tiemoko un document prétendant que le lot 1294 appartenait à Komé et non à Dame Traoré, comme l’indiquaient les recherches. Ce document s’est avéré faux, selon les villageois.
Par ailleurs, Diallo Abdoulaye, le Directeur du Domaine Urbain, est accusé d’avoir signé des attestations domaniales à deux personnes différentes pour une même parcelle de 1000 m² à Bonoumin. Un potentiel acheteur aurait même obtenu un ACD sans que la vente n’ait été finalisée, privant ainsi l’héritière légitime de son droit de propriété.

Alors que les autorités affirment que la procédure d’obtention des ACD est désormais informatisée pour garantir la transparence, les faits révélés par Assalé Tiemoko montrent une réalité bien différente. Des ACD ont été délivrés sur la base de documents falsifiés, et des expropriations illégales ont été facilitées par des responsables corrompus.
Face à ces révélations, Tiemoko Antoine Assalé appelle à une réforme en profondeur du système foncier et à des sanctions exemplaires contre les responsables impliqués. « Il est inadmissible que des citoyens soient spoliés de leurs terres sur la base de faux documents et de guides parallèles. Nous demandons une enquête indépendante et la suspension immédiate de tous les ACD délivrés de manière frauduleuse », a-t-il déclaré sur sa page Facebook.
L’affaire Djorogobité 2 est loin d’être close. Elle pose des questions cruciales sur la gouvernance foncière en Côte d’Ivoire et sur la nécessité de protéger les droits des communautés locales face à des pratiques opaques et souvent illégales. Les prochains jours seront décisifs pour savoir si les autorités prendront les mesures nécessaires pour rétablir la justice et la transparence.
Abossia de Ferké
Akondanews.net