RDC : Les divergences autour des frappes Ougandaises créent un malaise au sein de la population

Après avoir nié l’autorisation accordée à l’armée Ougandaise de combattre les ADF sur le sol congolais et limité la coopération militaire avec Kampala juste au niveau d’échanges de renseignements, le porte-parole du gouvernement, a annoncé, le mardi 30 novembre 2021, le démarrage des actions ciblées et concertées avec l’armée ougandaise avec des frappes aériennes et des tirs d’artillerie à partir de l’Ouganda sur les positions des ADF.

L’armée ougandaise effectue-t-elle des frappes aériennes sur le sol congolais sans entrer dans son espace aérien ? Alors que le parlement congolais n’a pas encore siégé pour se prononcer sur les opérations qui impliqueront une armée étrangère les chefs de l’état avaient déjà donné leur feu vert sans s’aligner sur la Constitution. Difficile de cerner les responsabilités en cas de dommages collatéraux.

En plus du fait que les opérations militaires relèvent du secret-défense, Kinshasa est, visiblement mal à l’aise face à cette décision qui le met en porte à faux avec l’opinion car l’armée congolaise a toujours été infiltrée dans des occasions pareilles où le pays autorise l’entrée des troupes étrangères sans mettre en place un mécanisme de surveillance sur le nombre des militaires qui interviendront dans cette opération et pendant combien de temps. Est-ce pour surprendre et contenir l’ennemi ?

Photo de famille entrés les parties prenantes à la signature des modalités d'application des opérations à Kampala en présence du président ougandais yexerie museveni et les deux chefs d'états majors ce mardi §0 Nov 2021
Photo de famille entre les parties prenantes à la signature des modalités d’application des opérations à Kampala en présence du président ougandais Yoweri museveni et les deux chefs d’états majors ce mardi 30 Nov 2021

Car, en 2005, la cour internationale de Justice a condamné l’Ouganda à payer 10 milliards USD à la RDC en titre d’indemnisation pour pertes subies durant l’occupation de son territoire (1997-2003).

En plus, si l’on considère que les provinces en proie à la rébellion des ADF sont sous état de siège, l’intervention d’une armée étrangère sonne comme un échec de cet état d’exception auquel la société civile a toujours appelé à mettre fin.

Quel crédit accorder à ces opérations ?

Cette invitation suscite des remous au sein de la classe politique et sociale de la RDC car l’histoire enseigne que chaque fois que cette armée intervient sur le sol congolais même dans l’informel, ces derniers se sont livrés au trafic dont la commercialisation du cacao, la commercialisation du bois et l’exploitation du pétrole dans le parc de Virunga plutôt que la mission qui les a amenés au Congo. Et ils ont à leur actif aussi plusieurs violations de droits de l’homme signalées par exemple lors de la guerre de six jours à Kisangani qui a coûté la vie à plus de 8000 personnes suite à l’affrontement avec l’armée rwandaise.

L’armée Ougandaise a été condamnée à payer 10 milliards de dollars dont le gouvernement congolais a signé un contrat pour la réhabilitation 1000 kilomètres de routes dans la zone. Pour l’Ouganda, cette opération vise à sécuriser les activités et pourtant elle intervient après trois explosions dans la capitale ougandaise qui a coûté la vie à trois personnes en novembre 2021 et dont la responsabilité était attribuée aux ADF qui ont tué plus de 8000 personnes dans la région du Nord Kivu et Ituri. Alors, cette opération ne vise-t-elle pas qu’à tenir écarté l’ADF loin de la frontière ougandaise afin de réduire sa capacité de nuisance vis à vis de la population ougandaise ?

Il est à déplorer au cas où les opérations étaient conjointes, que l’armée congolaise qui a lancé plusieurs opérations sur les ADF n’a toujours pas bénéficié d’aucun confort pouvant lui permettre de contenir son ennemi depuis l’instauration de l’état de siège pendant lequel les militaires étaient sans rations alimentaires ni équipements militaires. Mais visiblement, l’armée  ougandaise signe une entrée triomphale sur le sol congolais avant même que les deux chefs d’état-major ne signent le protocole au moment où le ministre de la communication,  porte-parole du gouvernement  qualifie cela de rumeur. alors que nous sommes à la treizième prorogation de l’état de siège dont les opérations précédentes infructueuses avaient été plébiscitées par la classe politique actuelle.

Raphael LUMOO

Akondanews.net

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