L’Afrique pour quel système politique ?

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La démocratie imposée au continent par l’occident semble ne pas prendre en compte certaines réalités auxquelles les peuples africains étaient déjà encrés. Conséquence, l’on observe comme une débandade totale qui questionne quel modèle sied le plus.

« L’Afrique a mal de  sa gouvernance ». Cette déclaration est désormais vulgaire au sein de l’opinion et dans les plateaux de médias africains. A la réalité, elle découle d’un constat établit. Celui selon lequel les gouvernements en Afrique ont en général échoué dans leur rôle d’encadrer leurs populations. Un échec qui serait en partie dû à leurs efforts et engagements d’adapter un certain système politique qui peine à s’enraciner ; la démocratie.

Abraham Lincoln, ancien président des Etats-Unis d’Amérique définissait la démocratie comme étant, ‘’le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple’’. Il s’agit d’un système politique que les occidentaux ont mis en œuvre et qui poursuit son bonhomme de chemin. Seulement, ce modèle de gouvernance qui pose encore des problèmes à certaines nations occidentales y compris celles qui autrefois, étaient considérées comme meilleures démocraties au monde, se retrouve mal appliqué en Afrique. Si nos Etats après les indépendances, ont eu à capitaliser en mettant en place des dirigeants parfois élus au suffrage universel, il convient de relever que ces mêmes dirigeants ont souvent été vomis par leurs électeurs sous le prétexte d’une recherche de l’alternance ou du changement. Les coups d’Etats à n’en point finir, les assassinats de dirigeants, le printemps arabe, les rebellions internes et de toute nature ou les contestations électorales sont des éléments à prendre en compte pour questionner la démocratie à l’Africaine.

La société africaine a besoin de s’affirmer

CARTE DES EMPIRES AFRICAINS

L’Afrique était bien organisée et fonctionnait à merveille avant l’arrivée des colons. Les sociétés étaient régies par des royaumes avec à la tête des rois respectés et qui répondaient au nom du peuple. Par conséquent, le roi était souverain. Le pouvoir royal jusqu’à nos jours est descendant c’est-à-dire se transmet de père en fils et sans contestation aucune. C’est dire que l’Afrique était déjà habituée à un système où le chef ou le roi ne partage son pouvoir qu’après sa mort.

Puis, venue la démocratie et tout a basculé d’un cran et les peuples devaient s’arrimer à une nouvelle école étrangère ; celle des chefs désignés où un régime est établi pour passer d’une personne à une autre avec des mandats déterminés. Il fallait offrir la possibilité à tout le monde et écouter tout le monde. Ils l’ont dit (les prédicateurs de cette nouvelle école). Mais est-ce que c’est ce qu’il fallait pour l’Afrique ? Pourquoi plus de cinquante ans après les indépendances le continent peine toujours à s’assumer dans cette nouvelle école ? Qu’est-ce qui explique que le colon jadis parti, reste et demeure le véritable faiseur de roi et contrôleur du pouvoir devant des dirigeants et des peuples qui semblent impuissants ? A la lumière de ce qui est observé, ces interrogations montrent que l’Afrique n’est pas faite pour implémenter la démocratie à l’occidental. La société africaine a besoin de s’affirmer en mettant sur pied un système de gouvernance qui sied à ses réalités et est accepté par tous. Le continent peut aussi à partir de la démocratie à lui proposée, ressortir ce qui correspond mieux à la logique de l’établissement d’une démocratie à l’africaine qui ne soit plus calquée sur le modèle occidental.

Tant que ceci ne sera pas fait, les peuples africains demeureront perdus et assujettis avec comme impact, tourner sur place alors que les nations dites puissantes et colonisatrices excelleront davantage. Même le rapport de force que certains leaders et penseurs africains évoquent dans certains discours, passe en premier par l’affirmation de soi ; et c’est ce dont l’Afrique a besoin pour peser dans le concert des nations.

YVES MODESTE NGUE

AKONDANEWS

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