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Dans un contexte marqué par des bouleversements politiques et sociaux profonds au Sahel, Akondanews.net a eu l’opportunité d’échanger avec une personnalité éminente du monde académique et intellectuel, Professeure Aïssa Halidou. Épidémiologiste, socio-économiste, politologue et ancienne enseignante-chercheuse à Sciences Po Paris, Professeure Halidou s’impose comme une voix influente dans les débats sur la souveraineté africaine, les dynamiques géopolitiques et les mouvements révolutionnaires en cours sur le continent.
Lors de cette interview exclusive, Professeure Halidou partage ses analyses pointues sur l’évolution politique au Niger post-coup d’État du 26 juillet 2023, les défis socio-économiques persistants, ainsi que les perspectives d’une véritable révolution africaine portée par l’Alliance des États du Sahel (AES). Elle aborde également le rôle stratégique que peut jouer la diaspora africaine et afro-descendante dans le processus de reconquête de la souveraineté du continent.
Sans éluder les critiques ni les imperfections observées sur le terrain, Professeure Halidou propose une lecture nuancée des enjeux actuels, tout en soulignant l’importance d’une mobilisation collective pour impulser un véritable changement. De son engagement au sein du Conseil Consultatif pour la Décolonisation à Hambourg à son implication dans les questions panafricaines, elle offre un regard éclairé et critique sur les transformations politiques en cours.
Cette interview riche en analyses et en réflexions se veut une invitation à penser l’Afrique d’aujourd’hui et de demain, entre défis et opportunités, espoirs et réalités.
Aknews :Vous étiez récemment au Niger. Quels changements sociaux et politiques avez-vous pu observer par rapport à la situation du pays avant le coup d’État du 26 juillet 2023 ? Peut-on se réjouir d’un progrès social au Sahel ou plutôt s’inquiéter d’une régression ?
A.H: C’est une question difficile à laquelle répondre, car je n’ai visité que le Niger. Et même là, je n’ai pas exploré beaucoup d’endroits. Mais globalement, d’après les retours des populations que j’ai pu rencontrer, je dirais que la situation est plutôt positive, malgré quelques insatisfactions ou imperfections ici et là.
Aknews :Quels sont ces points positifs que vous avez pu observer ?
A.H: Je suis particulièrement fière de la dynamique souverainiste qui prévaut dans le pays et dans l’espace AES/Sahel. Cette dynamique vise à décoloniser les systèmes politiques et économiques néocoloniaux qui freinent le développement social et politique depuis plusieurs décennies. Se débarrasser des armées étrangères, rompre ou renégocier des contrats avec les puissances néocoloniales sont des actes d’audace inédits à une telle échelle. Cela redonne fierté, confiance et espoir aux populations, notamment à la jeunesse. Ces changements sont des facteurs positifs dont l’impact n’est pas toujours visible à court terme, mais qui pourraient produire des résultats concrets sur la durée. On sent, pour la première fois depuis des décennies, que bien au-delà des frontières de l’AES, les Africains et les Afro-descendants se réjouissent de voir des dirigeants au Sahel capables de dire « NON » à l’asservissement néocolonial.
Aussi, tout Sahélien est aujourd’hui certain que ni Tiani, ni Goïta, encore moins Traoré, n’enverra des valises d’argent à hauteur de millions ou de milliards à des intermédiaires comme Robert Bourgi ou Ziad Takieddine pour financer des campagnes électorales en France pendant que leur propre population vit dans la précarité. De plus, ces dirigeants ne sont pas du genre à acheter des châteaux en France ou ailleurs. C’est un exploit à saluer !
Aknews:Quelles sont les lacunes ou imperfections que vous avez relevées ?
A.H: Il ne faut pas se voiler la face : de nombreuses attentes persistent et des problèmes socio-économiques restent d’actualité. Beaucoup reste à faire, notamment dans les domaines de la sécurité, de la justice sociale, de l’éducation, de l’administration et du secteur sanitaire, malgré quelques avancées.Pour ce qui est du Niger, un an et demi me semble trop court pour évaluer objectivement des domaines aussi cruciaux, qui ont longtemps souffert de la mauvaise gouvernance des régimes antérieurs. Il ne faut pas oublier que le coup d’État au Niger est un cas particulier, accompagné de sanctions graves et inédites qui continuent d’affecter la situation sociale et économique du pays. Cependant, les choses peuvent s’améliorer.
Aknews: L’AES peut-elle être considérée comme le noyau d’une nouvelle révolution africaine et/ou la base d’une future unité africaine ?
A.H: Je crois – ou du moins j’espère – que l’AES pourrait devenir le noyau d’une nouvelle révolution africaine. Avec de la volonté et de la discipline, une révolution au Sahel est plus probable que l’unité des 54 pays africains. Cela ne veut pas dire que l’unité africaine est une utopie, loin de là, mais les conditions actuelles ne sont pas encore réunies. Je pense qu’une révolution locale ou régionale dans l’AES est possible si on le veut vraiment. Les autorités militaires ont déjà posé les jalons, avec une logique de souveraineté qui constitue l’une des bases d’une révolution. L’Afrique doit s’affranchir de la tutelle des puissances néocoloniales pour prospérer. Bien sûr, d’autres actions sociales et politiques doivent suivre, même si elles avancent lentement. Le fait que l’AES soit une confédération de trois pays partageant des objectifs similaires est un atout majeur. Sur le plan géopolitique, les circonstances sont aussi propices.
Aknews: Quels sont les enjeux géopolitiques actuels susceptibles de favoriser l’émergence ou le renforcement de mouvements révolutionnaires au Sahel et plus largement en Afrique ?
A.H: À mon avis, la guerre en Ukraine, les tensions persistantes au Proche et au Moyen-Orient, ainsi que le retour de Donald Trump au pouvoir aux États-Unis pourraient entraîner une déstabilisation politique au sein de l’Europe. Cette situation risque de provoquer des bouleversements géopolitiques majeurs, susceptibles de conduire à d’autres changements radicaux sur la scène internationale. Pour ma part, je pense que les dirigeants africains devraient profiter de cette conjoncture pour mener une véritable lutte en faveur d’une indépendance totale, à l’image de certains mouvements indépendantistes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il convient de rappeler qu’après la Seconde Guerre mondiale, les puissances coloniales avaient perdu une grande partie de leur puissance militaire et économique, les rendant vulnérables et les contraignant à se soumettre à certaines exigences des mouvements indépendantistes. La géopolitique actuelle présente, à mon sens, des caractéristiques similaires : des puissances occidentales fragilisées par des conflits prolongés, des tensions internes et des défis économiques majeurs. Les dirigeants africains révolutionnaires doivent saisir cette opportunité pour engager une lutte déterminée en faveur d’une libération totale, mettant fin à des décennies d’oppression et de domination politique et économique. Il s’agit d’un moment stratégique où l’Afrique pourrait redéfinir ses relations internationales, renforcer sa souveraineté et affirmer pleinement son autonomie économique et politique sur la scène mondiale.
Aknews: Pensez-vous vraiment que les pays de l’AES pourront réussir une véritable révolution alors qu’ils entretiennent des relations diplomatiques tendues avec plusieurs pays, y compris des voisins ?
A.H: Il est vrai que des tensions diplomatiques ont existé et persistent avec certains pays, mais je pense que la situation s’améliore progressivement. Je ne vois donc pas cela comme un obstacle majeur. La clé réside dans la volonté et l’engagement. Bien entendu, des ennemis internes et externes tenteront de s’opposer à ce processus. Mais ces défis ne doivent pas devenir des entraves. C’est même le dépassement de ces obstacles qui déterminera le succès ou l’échec de la révolution. Prenez l’exemple de la révolution cubaine menée par Fidel Castro: sa volonté et sa cohérence ont permis à Cuba de résister aux sabotages et aux pressions diplomatiques. À l’inverse, la révolution libyenne a échoué partiellement parce que Kadhafi a sous-estimé ses adversaires, notamment Sarkozy. La suite, nous la connaissons.
Aknews: Si je vous comprends bien, vous estimez que les dirigeants sahéliens ont le potentiel pour mener une révolution, mais vous doutez parfois de leur réelle volonté. Pouvez-vous nous en dire plus ?
A.H:Mes doutes viennent surtout de certaines démarches et des points critiques que j’ai évoqués. Par exemple, à part Traoré au Burkina Faso, ni Goïta ni Tiani n’utilisent explicitement le terme « révolution » dans leurs discours. Aussi les véritables révolutionnaires ont souvent une vision claire et un agenda novateur. Or, j’ai l’impression parfois que les dirigeants sahéliens naviguent à vue, cherchant davantage à obtenir une légitimité populaire qu’à se concentrer sur des résultats tangibles. En politique, plus on fait de compromis, plus on s’éloigne de son agenda initial. En plus, une révolution ne se fait pas en trois ans, comme l’avait annoncé le Général Tiani, ni à travers des élections comme prévues par Goïta au Mali.
Aknews: Les militaires au Sahel ont les bases d’une révolution, mais veulent-ils vraiment l’accomplir ou cherchaient-ils simplement à avoir le pouvoir ?
A.H: C’est la grande question.
Aknews: Quelle est alors votre lecture des Assises nationales en cours au Niger ?
A.H:Les Assises nationales sont justement l’un des éléments qui me font parfois douter d’une réelle volonté révolutionnaire. Bien qu’elles répondent aux attentes de nombreux Nigériens, elles semblent inscrire le pays dans une logique de transition classique. Beaucoup de politiciens, devenus inactifs après le coup d’État, attendaient ces Assises pour revenir sur le devant de la scène. Cela risque de compromettre les espoirs de changement profond. Certes, des Assises ont eu lieu au Mali et au Burkina, mais c’était avant la création de la confédération AES. Aujourd’hui, si les trois pays sont sincèrement engagés dans une révolution, le Niger n’a pas besoin d’Assises, sauf si elles sont purement symboliques pour pouvoir mettre tout le monde à bord du bateau révolutionnaire. Et dans ce cas, il pourrait y avoir un autre risque: celui de ne pas pouvoir honorer l’engagement lors d’une éventuelle échéance de «transition» comme ce fût le cas au Mali qui a conduit à l’embrouille entre les autorités maliens et leur Premier Ministre d’alors Choguel Maiga.
Aknews: Pourquoi n’aviez vous pas pris part aux assises nationales du Niger, alors qu’on vous sait très engagée pour la cause sahélienne, est ce parce que vous avez des resserves par rapport à ces assises?
A.H:Non, pas du tout. C’est principalement pour des raisons organisationnelles. Au niveau de la diaspora, nous avons mandaté certains frères et sœurs pour y assister. Aussi au niveau du pays y’a assez des gens qui y ont pris part avec lesquels j’échange souvent et personnellement, j’étais encore au Niger une semaine avant ces assises pour un très court séjour certes, mais c’est largement suffisant je penses (rire). Et puis malgré les quelques critiques mentionnées je ne suis pas contre les assises, j’espère seulement qu’il en résulte plus d’idées révolutionnaires que d’idées «politisées». J’ai surtout apprécié l’idée d’inclusion des différentes couches sociales et l’opportunité de la contribution digitale. Et au niveau de la synthèse hier j’ai aussi apprécié la dissolution des partis politiques.
Aknews: On a remarqué la participation du coordonnateur du mouvement M62, l’un de vos « protégés » de la société civile nigérienne, en tant que l’un des vice-présidents de la commission des assises. A-t-il porté votre voix lors de ces assises ?
A.H: (Rires) Le frère Abdoulaye est certes un acteur de la société civile dont j’apprécie beaucoup l’engagement. Il se peut que nous partagions les mêmes idéologies ou idées, mais rien n’était convenu entre nous concernant ces assises. Cependant, je me réjouis de sa participation et de la représentation inclusive de tous les acteurs de la société civile, ainsi que des autres couches sociales du Niger et de la diaspora.

Aknews:Le qualificatif de « protégé » fait référence à votre soutien lors de son incarcération sous la présidence de Mohamed Bazoum, que vous aviez jugée injuste selon nos échanges de l’époque. Pouvez-vous nous expliquer les actions judiciaires que vous avez entreprises et qui ont contribué à sa libération ?
A.H: Ah, je vois ! C’est vrai qu’à l’époque, j’avais contacté la rédaction d’Akonda News pour évoquer son cas. Par la suite, j’ai eu quelques échanges avec l’un de ses avocats et des amis communs, ainsi qu’une consultation plus approfondie avec Maître Ohinché, basé au Luxembourg. Après concertation avec certains de ses collègues spécialisés dans ce type d’affaires, Maître Ohinché a estimé que l’affaire était davantage politique que judiciaire et m’a conseillé de privilégier la négociation avec les autorités. C’est ainsi que j’ai pris contact avec le cabinet de la présidence. Plus tard, j’ai également plaidé sa cause auprès de certains membres du CNSP, mais je ne pense pas que cela ait eu un impact décisif sur sa libération.
Aknews: Revenons un peu sur l’ex Premier Ministre Choguel Maïga: comment interprétez-vous son limogeage et les poursuites judiciaires dont il fait l’objet ? D’aucuns voient cela comme un acte d’ingratitude des autorités militaires maliennes. Quelle est votre appréciation ?
A.H: Je ne considère pas cela comme un acte d’ingratitude. Au contraire, c’est plutôt rassurant pour ceux qui espèrent une véritable révolution. Choguel Maïga, malgré ses discours admirables, a eu des comportements plus politiciens que révolutionnaires. Sa sortie publique avant son limogeage a été perçue comme un acte de sabotage envers les autorités en place. Cela ne cadrait pas avec un bon climat de «travail d’équipe». Aussi en politique révolutionnaire, ce genre de comportement est inacceptable. Les militaires n’ont donc pas eu tort de se séparer de lui. Choguel Maiga lui même n’ avait pas été surpris de son limogeage, je penses qu’il s’y attendait. Il a été victime de ce que j’appellerai le «Syndrome de Hama Amadou». Les nigériens comprendront mieux ce que je veux dire par là.
Aknews: Le « syndrome de Hama Amadou ». Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs ce que cela veut dire?
A.H: Le « syndrome de Hama Amadou » décrit un politicien ambitieux qui, à force d’impatience et de mauvais calculs, finit par ruiner ses propres chances. Hama Amadou était un brillant politicien nigérien qui rêvait de la magistrature suprême, mais ses choix stratégiques ont fini par compromettre sa carrière.Je pense que Choguel Maïga a souffert d’un syndrome similaire. Il a sous-estimé la maturité politique des militaires et surestimé l’impact de ses révélations publiques, croyant obtenir un soutien massif des populations.
Aknews: Avez-vous côtoyé le Général Tiani de près comme c’était le cas avec les anciens présidents nigériens Tandja Mamadou, Mahamadou Issoufou et Bazoum Mohamed? Si oui, pourriez vous nous décrire un peu sa personnalité?
A.H: Non, je ne l’ai jamais côtoyé directement. Je connais des personnes qui le connaissent, mais cela ne suffit pas pour décrire sa personnalité. Toutefois, j’ai appris à apprécier ses discours au fil du temps.
Aknews: Pouvez-vous alors nous parler du Général Mody, actuel numéro deux du régime nigérien? On sait que vous le connaissez lui.
A.H: Oui effectivement! Le Général Mody et moi avons été collègues pendant cinq ans à l’Ambassade du Niger à Berlin. Je me souviens d’une conversation avec Bazoum avant qu’il ne devienne président: Une fois il avait demandé mon avis sur Mody. Je lui avais répondu que c’était le seul véritable diplomate de l’Ambassade. Une 2ième anecdote était un échange avec Ouhoumoudou, l’ancien Premier Ministre qui était à l’époque Directeur de cabinet du Président Issoufou lors de la nomination du Général Mody au poste de Chef d’État Major des Armées: J’avais à l’époque dit à Ouhoumoudou que «le Général Mody est quelqu’un de très intelligent qui pourrait beaucoup apporter à la nation s’il est au pays plutôt qu’ici en Allemagne. Mais pour qu’ils puissent bien profiter de son savoir-faire, il va falloir le mettre en confiance totale, car c’est quelqu’un de trop réservé s’il ne se sent pas en confiance».

Aknews: Quel rôle la diaspora africaine et afro-descendante en général, et la diaspora nigérienne en particulier, peut-elle jouer dans le contexte actuel de changement de paradigme politique en Afrique, notamment dans le processus de reconquête de la souveraineté du continent ?
A.H: La diaspora a en effet un rôle prépondérant à jouer tant sur le plan économique, culturel que politique. Diverses études ont démontré que, dans de nombreux pays africains, la diaspora constitue un soutien économique considérable pour les familles restées dans les pays d’origine. Cependant, elle est souvent marginalisée lorsqu’il s’agit de participation politique sur le continent. Rares sont les pays qui ont compris l’importance d’impliquer pleinement leur diaspora et les communautés afro-descendantes.
Au lendemain des indépendances, des pays comme le Ghana, la Guinée et l’Éthiopie se sont distingués par leur esprit de collaboration avec la diaspora et continuent de maintenir cette tradition. Plus récemment, des nations comme l’Afrique du Sud, le Kenya, le Bénin et le Togo tentent également de suivre cette voie.
La majorité des autres pays, cependant, se limitent à entretenir des liens économiques avec leur diaspora, sans véritablement l’intégrer dans les circuits politiques nationaux ou internationaux. Des évolutions récentes sont toutefois perceptibles, notamment au Sahel, où l’on observe une ouverture envers des activistes panafricanistes tels que Nathalie Yamb, Kémi Séba ou Franklin Nyamsi. Malgré ces avancées, beaucoup reste encore à faire pour renforcer l’influence politique de la diaspora.
L’exemple du Ghana illustre parfaitement cette dynamique positive : des figures emblématiques comme William Du Bois, George Padmore ou Stokely Carmichael ont été des conseillers proches de Kwame Nkrumah, père de l’indépendance ghanéenne. Par ailleurs, des personnalités majeures telles que Malcolm X, Martin Luther King et Maya Angelou ont également séjourné au Ghana, contribuant à renforcer les liens entre l’Afrique et sa diaspora.

Aknews: Vous êtes membre du Conseil Consultatif pour la Décolonisation auprès du Sénat et du ministère de la Culture de Hambourg. Pouvez-vous expliquer en quoi consiste ce rôle ?
A.H: Le Conseil Consultatif pour la Décolonisation conseille les autorités de Hambourg dans leurs démarches pour se débarrasser des symboles coloniaux et néocoloniaux. Il œuvre à la suppression des préjugés racistes et des monuments honorant les colonisateurs. Le conseil consultatif est composé d’environ une dizaine de conseillers et chaque conseiller a sa spécialité ou spécificité. En tant que membre, je suis chargée des questions scientifiques liées à la décolonisation. Ce conseil est une passerelle entre les politiques et les communautés. Nous travaillons également à élargir nos prérogatives dans les domaines diplomatiques et économiques.
Aknews: En fin, les élections en Allemagne approchent. Pensez-vous qu’Olaf Scholz pourrait être réélu chancelier ? Quels conseils donneriez-vous à la diaspora africaine ici ? Et à qui comptez-vous donner votre voix et pourquoi ?
A.H: Il est difficile de dire avec certitude si Olaf Scholz sera réélu. Son mandat a été marqué par des défis majeurs, notamment la crise énergétique et les tensions internationales, ce qui a eu un impact sur sa popularité. Cependant, il conserve encore une base solide de partisans. Tout dépendra de la mobilisation des électeurs et de la capacité des autres partis à convaincre les indécis. Pour la diaspora africaine, je dirais qu’il est crucial de participer activement à ces élections. Il est important que nos voix comptent et que nos préoccupations soient prises en compte par les décideurs politiques. Il faut voter pour des candidats ou des partis qui prônent l’inclusion, l’égalité des chances, la lutte contre les discriminations et qui s’engagent pour une politique étrangère plus équitable envers l’Afrique. Quant à mon choix personnel, je préfère le garder privé. Mais je voterai pour un candidat qui partage mes valeurs en matière de justice sociale, d’équité et d’engagement en faveur des minorités et des diasporas. Le plus important est que chacun de nous utilise son droit de vote pour faire entendre sa voix.
Merci beaucoup pour votre disponibilité pour cette interview riche en leçons et en informations !
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Interviews réalisée par Claude Gbocho, DP-Akondanews.net