Nord-Kivu : Une seule taxe reste active parmi les sept dizaines de la chefferie de Bahunde en territoire de Masisi

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La dégradation de la situation sécuritaire dans la province du Nord-Kivu continue d’impacter lourdement les recettes des Entité Territoriale décentralisée (ETD), notamment la chefferie de Bahunde en territoire de Masisi. Autrefois, cette chefferie percevait environ soixante-dix taxes sur différentes activités économiques. Aujourd’hui, seule une taxe reste opérationnelle : celle sur l’évacuation des produits agricoles.

Dans une interview réalisée par Akondanews.net avec un agent percepteur de la chefferie de Bahunde à Mubambiro/Sake, il a été révélé que la taxe sur l’évacuation des produits agricoles demeure la seule source de revenu active. Chaque camion quittant le point de perception de Mubambiro est tenu de payer 36 000 francs congolais. Les autres taxes, notamment celles sur les étalages de marchandises (500 francs congolais), les amoncellements de parcelles (2,5 % du montant perçu par les propriétaires terriens) et l’inspection des batailles (7 000 francs congolais pour les bêtes sur pied, et 15 000 francs pour la vente de groseilles) ne sont plus perçues.

La chefferie de Bahunde, qui comptait auparavant sur des revenus significatifs provenant de deux sites miniers situés dans le groupement de Mupfunyi-Kibabi et Matanda, est également privée de la taxe sur la redevance minière. Cette taxe, basée sur la quantité de minerais extraits et évacués, permettait à la chefferie de générer environ 10 000 dollars américains par mois. Avec la cessation de cette perception, les recettes de la chefferie se sont effondrées, plongeant l’administration locale dans une crise financière.

Le contexte d’insécurité qui paralyse la région est décrit dans l’ouvrage de la princesse Odya Kalinda sur la fraude et la contrebande minières en République Démocratique du Congo. Elle met en lumière la paralysie des services publics dans les régions des Grands Lacs, exacerbée par l’insécurité. Les activités des groupes armés, notamment le M23, aggravent la situation en exploitant les ressources naturelles, minant ainsi l’autorité de l’État.

Face à cette crise, la communauté internationale se trouve confrontée à un dilemme complexe. Les Nations Unies, à travers leur mission en RDC, ainsi que les acteurs régionaux, sont appelés à agir rapidement pour contrer l’influence croissante du M23 sur le commerce des ressources naturelles. Des sanctions ciblées contre les chefs de groupes armés et le renforcement des mécanismes de traçabilité des minerais sont des mesures essentielles pour affaiblir l’emprise économique de ces groupes.

Cependant, ces initiatives ne seront pas suffisantes sans des efforts soutenus pour restaurer l’autorité de l’État dans les zones affectées. La reconstruction des infrastructures locales, la mise en place d’un cadre juridique strict pour la gestion des ressources naturelles et le soutien aux initiatives de développement communautaires doivent être prioritaires. La réintégration des populations déplacées, le renforcement des services sociaux et la pacification de la région sont des éléments clés pour rétablir la paix à long terme.

Raphael LUMOO, correspondant à Kinshasa

Akondanews.net

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