|
Lecteur Audio
Getting your Trinity Audio player ready...
|
La destruction d’une partie du village Ébrié à Adjamé par le District d’Abidjan pose une question cruciale : jusqu’où doit aller la modernisation lorsque celle-ci menace d’effacer un patrimoine ancestral ? En rasant ces terres sacrées, les autorités locales ont peut-être ouvert la porte à un développement économique, mais à quel prix ?
L’urbanisation galopante qui se développe en Côte d’Ivoire, et plus particulièrement à Abidjan, semble oublier que la modernité n’est pas synonyme d’effacement des racines. Le village Ébrié, témoin vivant de l’histoire ivoirienne, est un patrimoine culturel irremplaçable. Le détruire, c’est non seulement briser un lien avec le passé, mais aussi nier aux générations futures le droit de connaître et de comprendre l’histoire de leur pays.
Certes, la modernité apporte des avantages : l’amélioration des infrastructures, l’essor économique, et un certain confort de vie. Mais ces bénéfices sont-ils suffisants pour justifier la disparition de l’âme d’un peuple ? La modernisation, lorsqu’elle est mal conduite, devient une force destructrice qui ne laisse derrière elle que des fragments de mémoire épars.
Le dilemme auquel nous faisons face est complexe. D’un côté, il y a l’urgence du développement, qui nécessite des espaces, des routes, et des bâtiments modernes. De l’autre, il y a la nécessité de préserver ce qui fait de nous ce que nous sommes : notre culture, nos traditions, notre histoire. Comment concilier ces deux impératifs ?
Il est temps de repenser la notion de développement en y intégrant la préservation du patrimoine. La modernité ne doit pas être un bulldozer qui écrase tout sur son passage. Elle doit être un processus inclusif qui respecte et intègre les éléments fondamentaux de l’histoire et de la culture des peuples.
Pour la communauté Ébrié, le défi est désormais de sauvegarder ce qui peut encore l’être, de transmettre cette mémoire aux jeunes générations, et de faire en sorte que l’histoire de ce village ne se limite pas à un simple chapitre oublié dans les livres d’histoire. La destruction du village Ébrié à Adjamé est un avertissement pour nous tous : la modernité, si elle n’est pas maîtrisée, peut devenir le plus grand fossoyeur de notre héritage commun.
ElloMarie, conscience africaine, analyste politique et contributeur à Akondanews
Akondanews.net