La Côte d’Ivoire face au fléau de la fraude électorale

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La Côte d’Ivoire est à la croisée des chemins, naviguant dans des eaux tumultueuses où la fraude électorale s’installe en maître. Les autorités ivoiriennes semblent afficher une indifférence frappante face à l’ampleur de ce fléau, un phénomène qui pourrait s’avérer catastrophique pour la démocratie du pays.

Le souvenir amer du 19 septembre 2002 reste gravé dans les mémoires. En cette date fatidique, Émile Boga Doudou, alors ministre d’État chargé de l’Intérieur, a été exécuté, et au cœur de cette tragédie se trouvait la lutte contre la fraude électorale, qu’il avait choisi comme son cheval de bataille. Pourtant, deux décennies plus tard, force est de constater que cet engagement s’est évaporé, laissant place à un laisser-aller inquiétant.

Aujourd’hui, la manipulation des fichiers électoraux est devenue une norme largement tolérée. Le député-maire de Tiassalé, Assalé Tiémoko, a dénoncé une situation alarmante, révélant que deux cents individus ayant le même parent apparaissent sur les listes électorales sans que cela ne suscite l’indignation des autorités. Malgré ses efforts pour saisir officiellement la justice en 2023 avec un dossier solide sur les fraudeurs de sa circonscription, l’inaction règne.

Parmi les cas emblématiques, celui de Ouédraogo Amidou est révélateur. Cet individu, Burkinabé de nationalité mais Ivoirien sur papier, arbore à la fois la carte d’identité de son pays d’origine et la carte d’électeur de Côte d’Ivoire, en flagrante violation des règles établies. Cette situation soulève des questions cruciales sur l’intégrité des élections à venir.

Il est clair que ce crime d’État profite au pouvoir, qui se retrouve dans une position enviable face à une opposition affaiblie, dispersée et inaudible. La société civile, quant à elle, reste paralisée par les manœuvres politiques, incapables de revendiquer un audit sérieux des listes électorales truffées d’irrégularités.

Les acteurs politiques, tels que le PPA-CI, qui ont cherché à participer au festin électoral en s’alliant à la Commission centrale de la CEI, semblent pris au piège de leurs propres choix. La quête de postes juteux a engendré un silence complice, une attitude qui rappelle l’adage selon lequel « il ne faut pas parler la bouche pleine ».

Alors que le pays se dirige vers des échéances électorales imminentes, la question demeure : la Côte d’Ivoire continuera-t-elle de jouer avec le feu en négligeant l’urgence d’une réforme électorale cruciale ? Les signaux sont clairs, et le temps presse pour redresser la barre avant qu’il ne soit trop tard.

Contribution: F.M.Bally

Akondanews.net

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