Economie : la Chine au cœur du Regional Comprehensive Economic Partnership (RCEP)

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Quinze pays d’Asie et d’Océanie ont donné naissance  le dimanche 15 novembre dernier, à un Partenariat régional économique global (Regional Comprehensive Economic Partnership ou RCEP) à l’issue d’un sommet de quatre jours à Hanoï. Le RCEP qui regroupe 15 pays de la zone Asie-Pacifique, n’intègre ni les États-Unis, ni l’Inde, est finalement entré en vigueur ce samedi 1er janvier 2022 et devient la plus grande zone de libre-échange du monde.

Perçu comme l’accord commercial le plus important du monde, le RCEP s’applique à près d’un tiers de la population du globe et représente 30 % du produit intérieur brut de la planète, contrairement au marché commun de l’Union européenne qui pèse autour de 19% du PIB mondial.

L’accord intervient après 2 ans de crise sanitaire et sociale, et se présente comme un moyen fort de relance de l’économie de la zone Asie-Pacifique fortement freinée par la Covid-19 et reste une aubaine pour la Chine qui entend bien en profiter au maximum contre son concurrent américain et les économies de l’ouest.

C’est donc à juste titre que Cécilia Bellora, responsable du programme Politiques commerciales au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) affirme que  « L’intérêt de ce traité est de créer de la croissance pour les pays membres, dont les échanges vont s’accroître. Mais c’est aussi de créer de la coopération, car des pays d’un même bloc commercial peuvent ensuite assez rapidement discuter de normes communes. Et tout cela se passera sans les États-Unis ».

Ce nouveau bloc, qui comprend notamment la Chine, le Japon, l’Australie et la Corée du Sud, représente à lui seul le tiers du produit intérieur brut de la planète et le tiers de la population mondiale. 90% des droits de douane vont être progressivement supprimés, comme l’explique le porte-parole du ministère chinois du Commerce, Gao Fang.

En réalité, le RCEP prévoit la simplification des procédures commerciales entre ses membres, la suppression des droits de douane à 90% pour plusieurs milliers de produits entre les pays membres, intègre les problématiques des règles communes de propriétés intellectuelles, de marchés publics, ou encore de commerce électronique.

Aussi, le RCEP admet-il clairement que les réductions de droits de douane sur les biens agricoles sont de 61 % pour le Japon, 56 % pour la Chine, 49 % pour la Corée du Sud. Les droits de douane sont maintenus sur le riz, le blé, les produits laitiers, le sucre et le bœuf et le porc pour protéger les fermiers locaux

Par ailleurs, les pays membres du RCEP se sont engagés à ouvrir plus de 100 secteurs commerciaux des services couvrant la finance, les télécommunications, les transports, le tourisme ou encore la recherche et le développement.

Au niveau de sa taille le RCEP,  a cinq fois plus de population que l’alliance transpacifique, ainsi qu’un PIB  global deux fois plus élevé

Toutefois, le RCEP n’est pas aussi complet que le partenariat transpacifique global et progressiste, un autre accord de libre-échange dans la région qui inclut certains des mêmes pays : par exemple il ne porte pas d’effort particulier sur les syndicats, la protection de l’environnement ou les subventions gouvernementales, mais se concentre plus sur la diminution des droits de douane tout en nécessitant moins de concessions politiques.

Au-delà, le retrait de l’Inde, lié notamment à sa rivalité avec la Chine et à sa crainte de subir des importations venant de cette dernière ne réduit-elle pas la taille potentielle et le taux commercial mondial du nouvel accord de libre-échange piloté par la Chine ?

Adingra OSSEI

Akondanews.net

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