Accueil/Afrique/Traite d’enfants : un réseau démantelé à Gagnoa, six mineurs soustraits à un départ vers des sites d’orpaillage au Mali
Afrique

Traite d’enfants : un réseau démantelé à Gagnoa, six mineurs soustraits à un départ vers des sites d’orpaillage au Mali

Une opération coordonnée des forces de sécurité ivoiriennes a permis de démanteler un réseau présumé de traite de mineurs et de sauver six enfants âgé...
AkondaNews3 min de lecture
Partager :
Traite d’enfants : un réseau démantelé à Gagnoa, six mineurs soustraits à un départ vers des sites d’orpaillage au Mali

Une opération coordonnée des forces de sécurité ivoiriennes a permis de démanteler un réseau présumé de traite de mineurs et de sauver six enfants âgés de 11 à 17 ans, qui s’apprêtaient à quitter la Côte d’Ivoire pour des sites d’orpaillage au Mali, ont indiqué des sources sécuritaires.

Tout est parti d’un contrôle de routine à la gare UTB de Gagnoa. Les six adolescents affirmaient vouloir se rendre à Yamoussoukro. Mais leurs déclarations hésitantes et leurs incohérences ont attiré l’attention d’agents du ministère en charge de la Femme, de la Famille et de l’Enfant présents sur les lieux. Le commissariat du 2ᵉ arrondissement de Gagnoa est immédiatement saisi, de même que le procureur, ouvrant la voie à une enquête approfondie. Très vite, les investigations révèlent que Yamoussoukro n’était qu’une étape intermédiaire. Les mineurs auraient été recrutés par un jeune commerçant de 20 ans, identifié sous les initiales D. Z., résident à Nakadougou (Ouragahio). Interpellé, celui-ci évoque d’abord de simples travaux champêtres à Yamoussoukro. « Une version trop lisse. Trop rapide », confient des sources proches du dossier. Sous la pression des éléments recueillis, le suspect finit par reconnaître qu’un trajet plus long était prévu, au-delà des frontières ivoiriennes, en direction du Mali. Un commanditaire basé dans ce pays est alors cité, laissant apparaître l’existence d’une organisation structurée. Le 4 février, les mineurs sont officiellement mis à la disposition de la BRI Gagnoa pour nécessité d’enquête. Les forces de sécurité choisissent de ne pas brusquer le réseau, laissant croire à un simple report du départ en raison de contrôles routiers. Une nouvelle date est fixée : le 20 février à l’aube. À 4h30 du matin, un dispositif discret est mis en place. Un véhicule de transport local, conduit par un agent de la BRI, est positionné. Les mineurs sont sécurisés. À l’heure convenue, l’émissaire chargé de les convoyer vers Yamoussoukro se présente. Il est interpellé sans incident et reconnaît sa mission : conduire les enfants vers Yamoussoukro, première étape d’un itinéraire plus vaste. Mais l’opération ne s’arrête pas là. Un car en provenance d’Abidjan devait récupérer les enfants à Yamoussoukro pour les acheminer vers le nord du pays. La BRI Gagnoa prend immédiatement la route tandis que la BRI Yamoussoukro est alertée. À Yamoussoukro, le réceptionnaire est interpellé. Il cite à son tour un responsable de gare à Adjamé, à Abidjan. La Sous-direction de la lutte contre la traite des enfants, rattachée à la Police criminelle, est saisie. Un équipage interpelle le responsable de gare mentionné. L’enquête conduit également à Tingréla, où un autre complice attendait les mineurs. Le 21 février à 6 heures du matin, un homme se présente avec un code précis pour récupérer les enfants. Il est immédiatement interpellé par la police de Tingréla. Il reconnaît être l’émissaire du commanditaire basé au Mali et admet convoyer régulièrement des mineurs vers des sites d’orpaillage. L’architecture du réseau apparaît alors clairement : recruteurs locaux, convoyeurs intermédiaires, relais dans les gares routières et réceptionnaires aux frontières. L’opération, menée en parfaite coordination entre le Commissariat du 2ᵉ arrondissement de Gagnoa, la BRI Gagnoa, la BRI Yamoussoukro, le commissariat de Tingréla et la Sous-direction de la lutte contre la traite des enfants de la Police criminelle, a été suivie par le Directeur de la Police criminelle, sous la coordination du Directeur général de la Police nationale, le Général Kouyaté. Les principaux mis en cause ont été déférés devant le parquet du tribunal de première instance de Gagnoa pour trafic illicite de migrants et traite des personnes à des fins d’exploitation économique. Les six enfants ont été confiés aux services compétents pour leur protection et leur accompagnement. Au-delà des interpellations, cette opération met en lumière la persistance des réseaux de traite transfrontalière et l’importance de la vigilance des services sociaux et sécuritaires. Elle rappelle surtout que derrière chaque dossier, ce sont des trajectoires de vie qui peuvent basculer ou être sauvées à temps. Serge Kpan, Correspondant à Abidjan Akondanews.net
Tags :AfriqueSociété

Commentaires (0)