Politique
RDC : Rubaya pleure ses morts en silence après un éboulement meurtrier dans la mine de Luwowo
Située à environ 50 kilomètres de la ville de Goma, dans le territoire de Masisi, la zone minière de Rubaya est une nouvelle fois frappée par un drame...
AkondaNews4 min de lecture
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Située à environ 50 kilomètres de la ville de Goma, dans le territoire de Masisi, la zone minière de Rubaya est une nouvelle fois frappée par un drame humain d’une ampleur tragique. Le 28 janvier 2026, un éboulement massif est survenu dans une mine artisanale de Luwowo, au sein de l’agglomération de Gasasa, dans le périmètre minier de Rubaya (Nord-Kivu), ensevelissant de nombreuses personnes.
À ce jour, aucun bilan officiel définitif n’a été rendu public. Toutefois, selon des informations relayées par les autorités de Kinshasa, l’accident aurait causé la mort de centaines de civils, majoritairement des creuseurs artisanaux, contraints à des conditions de travail extrêmes du fait de l’exploitation sauvage et illégale des ressources naturelles congolaises.
Un bilan humain lourd dans un contexte d’exploitation illégale
D’après un communiqué du Gouvernement congolais, rendu public le samedi 31 janvier 2026 par le ministère de la Communication et des Médias, cet éboulement aurait fait au moins 200 morts. Le texte précise que les victimes se trouvaient à l’intérieur ou à proximité immédiate des puits de creusage, dans un environnement totalement dépourvu de normes de sécurité.
Le communiqué rappelle qu’en juin 2025, plus de 300 civils avaient déjà péri dans des circonstances similaires dans le même périmètre minier, illustrant un schéma récurrent de mise en danger des populations civiles.
Selon plusieurs rapports, la mine de Rubaya serait exploitée sous le contrôle de la rébellion AFC/M23, qui la considérerait comme une source stratégique de financement, générant jusqu’à 800 000 dollars américains par mois, voire davantage, au profit des forces d’occupation.
Compassion officielle et solidarité nationale
Dans ces circonstances douloureuses, le Gouvernement de la République démocratique du Congo a exprimé sa profonde compassion aux familles endeuillées, partagé la peine des communautés affectées et s’est incliné devant la mémoire des victimes. Il a réaffirmé sa solidarité avec les populations de Rubaya et de l’ensemble du territoire de Masisi, régulièrement éprouvées par des violences armées et des drames humains à répétition.
Une catastrophe aggravée par la saison des pluies
L’effondrement est survenu en pleine saison des pluies, période durant laquelle les sols deviennent particulièrement instables. La terre a cédé alors que les victimes se trouvaient dans des puits d’extraction de coltan, manganèse et tantale, minerais stratégiques indispensables à l’industrie électronique mondiale.
Sur instruction des autorités provinciales du Nord-Kivu, actuellement sous administration de l’AFC/M23, la mine de Rubaya a été temporairement fermée afin de permettre l’extraction des corps. Certains survivants, initialement pris en charge dans des structures médicales locales, ont été évacués vers Goma pour des soins plus appropriés.
Des opérations de secours difficiles
Les opérations de secours se poursuivent dans des conditions extrêmement complexes. Des sources locales estiment que le bilan réel pourrait être bien plus lourd, en raison de l’ampleur de l’éboulement et de l’absence de moyens techniques adéquats. Les glissements de terrain sont fréquents dans les zones minières artisanales de l’est de la RDC, du fait de fouilles non réglementées et de l’absence totale d’infrastructures de sécurité.Un mépris flagrant des normes environnementales
Joint par Akondanews.net, un responsable de la société civile du territoire de Masisi affirme que ce drame était prévisible. Il dénonce une exploitation anarchique ne respectant aucune disposition du Code minier congolais.« L’exploitation dans plusieurs carrés miniers, notamment le périmètre 4731 de Rubaya, se fait sans aucune étude d’impact social et environnemental. Nous exigeons l’arrêt immédiat de toute exploitation illégale dans les zones sous occupation, jusqu’au rétablissement complet du cadre légal », martèle-t-il.
Rubaya : une mine de sang au service de la guerre
Ce nouveau drame ravive le souvenir de catastrophes antérieures sur le même site, déjà marquées par des centaines de morts. Au-delà de la question sécuritaire, c’est l’enjeu financier du conflit qui est de nouveau mis en cause. Selon plusieurs sources concordantes :- Taxes illicites : les groupes armés prélèveraient des taxes générant jusqu’à un million de dollars par mois ;
- Travail forcé et conditions inhumaines : la sécurité des mineurs est sacrifiée au profit d’une économie de guerre.
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