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Présidentielle 2025: Le gouvernement interdit toute contestation de la décision du Conseil constitutionnel sur la présidentielle
L'association FIER dénonce une "atteinte aux libertés publiques" et menace de saisir la justice pour faire annuler cette instruction administrative....
AkondaNews3 min de lecture
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L'association FIER dénonce une "atteinte aux libertés publiques" et menace de saisir la justice pour faire annuler cette instruction administrative.
À un peu plus d'un mois de l'élection présidentielle du 25 octobre 2025, le climat politique se tend. Par un télégramme officiel, le ministre de l'Intérieur a ordonné à tous les préfets de refuser tout recours contre la validation des candidatures par le Conseil constitutionnel et d'interdire les manifestations sur le sujet. Une décision vivement contestée par la société civile, qui y voit une entrave aux libertés fondamentales et promet une bataille juridique.
La décision du Conseil constitutionnel du 8 septembre dernier, qui a rendu publique la liste définitive des candidats à la présidentielle, continue de faire des vagues. Pour couper court à toute velléité de contestation, le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, a pris des mesures radicales.
Dans un télégramme officiel daté du 16 septembre 2025 (n°043/MIS/CAB-1), dont une copie a été obtenue par nos soins, le ministre enjoint de manière stricte et hiérarchique à l'ensemble des administrateurs du territoire, préfets de région, préfets de département et sous-préfets de ne plus recevoir ou traiter le moindre document visant à contester les décisions du Conseil constitutionnel.
Le texte, invoquant l'article 128 de la Constitution qui stipule que les décisions du Conseil "ne sont susceptibles d'aucun recours et s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles", va plus loin. Il interdit "formellement" d'autoriser ou d'encadrer "toute marche, manifestation ou initiative" qui aurait "pour objet ou effet de remettre en cause l'autorité du Conseil constitutionnel". Le ministre "attache un grand prix" au "respect scrupuleux" de ces instructions.
La société civile dénonce une "violation de la loi"
En réaction, l'Association FIER (Fédération pour l'Intégrité et l'État de Droit), par la voix de son président, le juriste Jean Bonin Kouadio, a publié un communiqué cinglant ce mercredi 17 septembre.
L'association "prend acte de la volonté affichée de préserver la paix sociale" mais estime que "la tranquillité publique ne saurait être assurée par la négation des droits fondamentaux". Elle rappelle que la liberté d'opinion, d'expression et de manifestation pacifique sont garanties par la Constitution ivoirienne et les traités internationaux ratifiés par le pays.
FIER conteste fermement la légalité de l'instruction ministérielle : "un télégramme ministériel, simple acte administratif, ne peut légalement restreindre ni abroger des droits constitutionnels". Qualifiant l'acte "d'attentatoire aux libertés publiques", l'association annonce son intention d'engager "une procédure en référé-liberté afin d'en suspendre immédiatement l'exécution".
Une bataille juridique en perspective
Ce bras de fer entre le pouvoir exécutif et la société civile place l'administration territoriale dans une position délicate, sommée d'obéir à des instructions qui pourraient être suspendues par la justice.
L'association FIER met également en garde sur les conséquences internationales d'une telle décision, qui pourrait affecter "l'image de la Côte d'Ivoire" et sa "crédibilité institutionnelle". Elle exhorte le ministère à systématiquement s'entourer de "l'expertise d'un Conseiller juridique qualifié" avant de prendre ce type de décision.
Alors que la campagne présidentielle s'annonçait déjà tendue, ce conflit autour des libertés fondamentales jette une lumière crue sur les tensions qui traversent la classe politique ivoirienne à l'approche du scrutin. La suite des événements dépendra très probablement de la réponse de la justice, qui sera saisie dans les plus brefs délais.
Abossia de Ferké
Akondanews.netTags :AfriqueSociété
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