Afrique
Côte d’Ivoire : le FESTILAD fait de la danse traditionnelle un pilier de valorisation culturelle dans le Denguélé
Initié pour rapprocher les populations rurales de l’offre culturelle nationale, le Festival du Livre et des Arts du Denguélé (FESTILAD) s’est progress...
AkondaNews2 min de lecture
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Initié pour rapprocher les populations rurales de l’offre culturelle nationale, le Festival du Livre et des Arts du Denguélé (FESTILAD) s’est progressivement imposé comme une plateforme intégrée de promotion du patrimoine immatériel, avec une place croissante accordée aux danses traditionnelles.
Dans un texte transmis à la rédaction, le commissaire général du festival, Tidiss Koné, revient sur l’origine de cette orientation stratégique, qui remonte à la première édition organisée en 2019 à Odienné.
« On lance le projet du FESTILAD à Odienné, dans un contexte où les activités culturelles sont presque inexistantes (…) On voulait toucher les populations rurales, loin de l’offre culturelle nationale », explique-t-il.
C’est dans cette dynamique d’ouverture territoriale qu’une escale est organisée à Korondougou, localité du Denguélé, grâce à l’implication de cadres locaux, notamment Daouda Diarrassouba. Cette étape marque un tournant dans la programmation du festival avec la découverte de la danse traditionnelle Kojao Brou.
« On y découvre une danse aux multiples faces : Kojao Brou de Korondougou. Que c’était beau de voir la danse se produire en présence de nos invités », témoigne le commissaire général.
Expression chorégraphique ancrée dans la tradition orale, la danse Kojao Brou constitue un véritable marqueur identitaire dans le nord-ouest ivoirien. Elle est pratiquée lors de célébrations communautaires et joue également un rôle social, notamment dans la motivation des populations rurales lors des travaux champêtres.
« Elle sert de moyen de transmission intergénérationnelle des valeurs humaines, artistiques et du patrimoine immatériel », souligne Tidiss Koné.
Depuis lors, le FESTILAD, porté par l’ONG CILAD, a intégré de manière systématique la valorisation des danses traditionnelles dans ses différentes éditions, en complément des activités littéraires et artistiques. Le festival a également élargi son champ d’action à travers des concours (lecture, poésie, théâtre, dictée), l’introduction du slam et des campagnes de sensibilisation sur des thématiques sociales.
Prévue du 30 avril au 2 mai 2026 à Kaniasso, la 7ᵉ édition du FESTILAD s’articulera autour du thème : « Livre, Arts et Culture : vecteurs de protection et d’autonomisation de la jeune fille ».
Selon les organisateurs, cette édition mettra un accent particulier sur les enjeux sociaux, notamment la lutte contre le mariage forcé, l’excision et l’abandon scolaire des jeunes filles. Des bibliothèques seront inaugurées, tandis que des ateliers de formation et des programmes éducatifs seront déployés.
Dans cette perspective, l’intégration de la danse Kojao Brou au programme ne relève pas du simple divertissement.
« Elle s’inscrit dans une logique stratégique de valorisation du patrimoine culturel immatériel du Denguélé (…) permettant aux jeunes générations d’entrer en contact direct avec leurs héritages artistiques », précise le commissaire général.
Au-delà de sa dimension festive, le FESTILAD s’affirme ainsi comme un outil de transformation sociale, conjuguant culture, éducation et engagement citoyen, tout en contribuant à la sauvegarde et à la transmission des richesses culturelles locales.
Serge Kpan, Correspondant à Abidjan
Akondanews.netTags :AfriqueCulture
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