Politique
Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo rejette un "quatrième mandat" et appelle à la résistance démocratique
L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, également président du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), s’est prononcé à travers son po...
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L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, également président du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), s’est prononcé à travers son porte-parole Me Habiba TOURE, ce jeudi 18 septembre 2025 à Abidjan sur la situation politique du pays, au lendemain de la décision du Conseil constitutionnel invalidant plusieurs candidatures à la présidentielle, dont celles issues des grandes formations de l’opposition.
Face à la presse nationale et internationale, M. Gbagbo a rappelé qu’« il ne peut et ne doit pas y avoir de quatrième mandat », dénonçant une volonté du régime RHDP, dirigé par le président Alassane Ouattara, de transformer la Côte d’Ivoire en un « royaume personnel où la Constitution n’est plus une boussole mais un obstacle à contourner ». À la suite de rencontres tenues avec plusieurs candidats dont les dossiers ont été rejetés, deux options avaient été évoquées, selon lui : soutenir collectivement un candidat retenu, ou engager des actions démocratiques pour réclamer des élections inclusives. « La première option n’a pas prospéré. Elle ne faisait pas l’unanimité et manquait de légitimité », a-t-il expliqué, soulignant que « la seconde, celle d’actions pacifiques et démocratiques, s’est imposée comme la voie à suivre ». « Ce qui est en jeu dépasse la seule élection présidentielle. C’est la survie de notre démocratie, le respect de nos libertés publiques et l’avenir même de notre Nation », a déclaré l’ancien chef de l’État, qui accuse le Conseil constitutionnel d’avoir « privé le peuple de son droit souverain de choisir librement son dirigeant » en écartant 55 candidatures. M. Gbagbo a interpellé son rival historique, Alassane Ouattara, sur la nécessité de tirer les leçons du passé. « Notre dernière confrontation électorale a été douloureuse pour la Côte d’Ivoire, précisément parce que la Constitution n’avait pas été respectée. Les cicatrices ne se sont pas encore refermées », a-t-il rappelé. Se présentant comme l’un des derniers survivants parmi les anciens présidents, aux côtés de M. Ouattara, Laurent Gbagbo a insisté sur leur « responsabilité historique » de léguer une Côte d’Ivoire apaisée et respectueuse de ses propres règles. « Gouverner, ce n’est pas s’éterniser au pouvoir au risque de briser la Nation. Gouverner, c’est respecter la Constitution, respecter le peuple et accepter que le pouvoir ne soit pas une propriété personnelle, mais une charge temporaire », a-t-il martelé. Convaincu qu’« il est encore temps de rompre avec cette logique de confiscation », l’ancien président estime que « restituer au peuple son droit de choisir librement son dirigeant, c’est ouvrir la voie à la paix, à la réconciliation et à la dignité nationale ». « Unis, nous serons plus forts que la peur. Déterminés, nous serons plus forts que la répression. Mobilisés, nous serons plus forts que toutes les manœuvres », a conclu Laurent Gbagbo, appelant à une mobilisation citoyenne autour des valeurs démocratiques. Serge Kpan, Correspondant à Abidjan Akondanews.netTags :Politique
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