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Côte d’Ivoire : Des centrales syndicales plaident pour une réforme en profondeur du cadre juridique du travail
Le secrétaire général de la Fédération Générale des Travailleurs de Côte d’Ivoire (FGTCI), Zegbeuh Koudou Evariste, a échangé, ce week-end à Abidjan,...
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Le secrétaire général de la Fédération Générale des Travailleurs de Côte d’Ivoire (FGTCI), Zegbeuh Koudou Evariste, a échangé, ce week-end à Abidjan, avec Pacôme Fallet Attaby, premier responsable de la Confédération Syndicale Espoir – Côte d’Ivoire (CSE-CI), sur les mutations du marché du travail et la nécessité d’une réforme du cadre juridique en vigueur.
La rencontre, tenue au siège de la CSE-CI à Yopougon, a été initiée par la FGTCI dans le cadre d’une série de consultations intersyndicales visant à établir une plateforme commune d’analyse et de propositions à soumettre aux autorités ivoiriennes. « Le thème principal portait sur la mutation du cadre juridique des marchés du travail, dans un contexte où les licenciements pour motifs économiques se multiplient, souvent sans justification claire », a déclaré M. Koudou, soulignant les effets grandissants de la précarisation de l’emploi en Côte d’Ivoire. Les échanges ont porté notamment sur les contrats à l’essai, les contrats à durée déterminée, l’externalisation des ressources humaines via des cabinets privés, ainsi que la faible protection juridique des délégués du personnel en entreprise. Face à ces constats, les deux centrales ont proposé la mise en place de trois mécanismes structurants : un Parlement syndical, pour assurer une concertation permanente entre faîtières ; une université syndicale, en vue de renforcer les capacités techniques et juridiques des acteurs syndicaux ; et un observatoire du monde du travail, chargé de documenter les pratiques dans les entreprises et d’évaluer le respect des normes. Pour Pacôme Fallet Attaby, le contexte du travail en Côte d’Ivoire reste marqué par des fragilités structurelles. « Il y a une faiblesse de l’État de droit dans le traitement des contentieux sociaux. L’employé a rarement gain de cause face à l’employeur, contrairement à ce que l’on observe dans d’autres pays où la justice sociale est plus affirmée », a-t-il regretté. Le responsable syndical a par ailleurs dénoncé un « glissement vers un syndicalisme communautariste », éloigné des réalités de terrain, et le manque de solidarité entre travailleurs, que la pauvreté et la précarité conduisent parfois à accepter des conditions salariales inférieures au SMIG. Contrairement à certaines interprétations, les initiateurs de cette concertation ont précisé qu’il ne s’agissait pas d’un projet de fusion des centrales syndicales, mais plutôt d’une volonté de convergence d’actions sur des dossiers prioritaires. « Nous pensons qu’il est essentiel de fédérer nos énergies autour des questions qui impactent négativement les travailleurs », a souligné M. Koudou, précisant que des courriers ont été adressés à d’autres centrales syndicales telles que l’UGTCI, la FESACI et l’UNATRCI, dont plusieurs ont répondu favorablement à l’appel. Les initiateurs espèrent, à travers cette dynamique, parvenir à une mobilisation concertée du mouvement syndical, en vue d’une réforme consensuelle et inclusive du Code du travail et des dispositifs de protection sociale. Serge Kpan, Correspondant à Abidjan Akondanews.netTags :AfriqueSociété
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