Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : la CAP dénonce la radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale

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La tension monte à l’approche de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. Le retrait du nom de Tidjane Thiam de la liste électorale provisoire suscite une vive controverse. La Coalition pour l’Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-Côte d’Ivoire) dénonce une manœuvre politique visant à écarter l’un des principaux opposants au pouvoir en place.

Dans une déclaration rendue publique le mardi 23 avril 2025, la CAP-Côte d’Ivoire a exprimé son indignation face à ce qu’elle qualifie de dérive autoritaire. « On a assisté à des attaques en règle, dirigées contre le Président Tidjane Thiam, notamment sur sa légitimité à être président de son parti et partant, sur sa capacité à représenter le PDCI-RDA », déclare la coalition, qui regroupe plusieurs formations politiques d’opposition.

Selon la CAP, les tentatives d’invalider la candidature de M. Thiam ont d’abord reposé sur la question de sa nationalité, avant de se rabattre sur des considérations de naturalisation. Pour elle, cette radiation s’inscrit dans une série d’exclusions ciblées. « Après avoir exclu par des artifices juridiques les Présidents Laurent Gbagbo, Soro Kigbafori Guillaume et le Ministre Charles Blé Goudé, le régime instrumentalise à nouveau la justice », accuse la coalition.

La déclaration fait également état d’un climat de défiance croissante vis-à-vis de la Commission Électorale Indépendante, jugée partiale. La CAP appelle ainsi à une réforme profonde du système électoral. Elle exige le rétablissement immédiat de Tidjane Thiam sur la liste électorale, la réinscription des autres leaders politiques écartés, l’audit et la révision de la liste électorale avant les échéances à venir, ainsi que la dissolution de l’actuelle CEI en vue de la mise en place d’un nouvel organe crédible et indépendant. Elle insiste aussi sur la nécessité d’un dialogue politique inclusif et sur l’instauration d’un climat apaisé favorable à des élections transparentes, équitables et sans violences.

Pour la coalition, le risque est grand de voir le processus électoral perdre toute crédibilité. Elle accuse le pouvoir de vouloir organiser une élection « avec des adversaires choisis en vue de se déclarer vainqueur dès le premier tour ».

La déclaration, signée par Dr Simone Ehivet Gbagbo, porte-parole de la CAP-Côte d’Ivoire, se conclut par un appel à la mobilisation pacifique des militants, des forces politiques et de la société civile pour « préserver les acquis démocratiques ».

Alors que l’échéance électorale approche, cette affaire pourrait bien devenir un point de bascule dans le débat politique national. La question désormais posée : la présidentielle 2025 se déroulera-t-elle dans un climat de confiance et d’inclusivité ou sous le sceau de l’exclusion et de la contestation ?

Serge Kpan, Correspondant à Abidjan

Akondanews.net

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