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Kinshasa, le 9 septembre 2024– Le Dr Oly Ilunga, ancien Ministre de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Salubrité, a été libéré de la prison centrale de Makala ce lundi 9 septembre 2024, après avoir purgé une peine de cinq ans pour détournement de fonds publics. Son arrestation en août 2019, suivie de sa condamnation en mars 2020, avait fait grand bruit en République Démocratique du Congo, notamment en raison des fonds en cause, destinés à la lutte contre les épidémies d’Ebola.
Condamné à quatre ans de travaux forcés pour le détournement de 391 332 USD alloués par la Banque mondiale à la riposte contre la dixième et onzième épidémie d’Ebola, le Dr Ilunga et son conseiller financier, Mbuyi Mwasa Ezechiel, avaient également écopé d’une peine supplémentaire d’un an pour le détournement de 13 000 USD. La Cour de cassation avait cumulé ces peines, portant ainsi la condamnation totale à cinq ans de travaux forcés.
Malgré ces accusations, le Dr Ilunga a constamment nié toute malversation, affirmant que les fonds avaient été correctement utilisés et autorisés, comme en témoignaient les documents qu’il avait signés en tant que ministre. Il avait également réfuté toute connaissance des montants détournés, affirmant n’en avoir été informé que lors de son interrogatoire par la police judiciaire.
En plus de la peine de prison, la Cour de cassation avait imposé au Dr Ilunga et à son conseiller une interdiction de voter, d’être éligibles, ou de bénéficier d’une libération conditionnelle pendant les cinq années suivant leur libération.
La sortie de prison du Dr Oly Ilunga n’a pas mis fin à la polémique autour de cette affaire. Ses proches, ainsi que ses avocats, continuent de dénoncer une « injustice », soulignant des vices de procédure et des violations de son droit à un procès équitable. Ils ont également déposé un recours auprès du Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies, arguant d’une privation illégale de liberté et d’un jugement biaisé.
Cette affaire continue de diviser l’opinion publique en RDC, alimentant les débats sur la gestion des fonds alloués à la riposte contre les épidémies et soulevant des questions plus larges sur la transparence des fonds publics. Les accusations portées contre le Dr Ilunga ont jeté une lumière crue sur les défis liés à la gestion des crises sanitaires dans le pays, notamment en ce qui concerne l’efficacité de l’allocation des ressources financières pour répondre aux urgences de santé publique.
Raphaël Lumoo, correspondant à Kinshasa
Akondanews.net