Visite du chef d’Etat-major des armées françaises en Côte d’Ivoire : Quelle pertinence après 8 ans de présence infructueuse au Mali ?

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Le chef d’Etat-major des armées françaises, le général d’armée Thierry Burkhard, était en visite de travail en Côte d’Ivoire ce weekend, où il a rencontré son homologue ivoirien, le général Lassina Doumbia, le chef d’Etat-major des armées ivoiriennes, et le ministre ivoirien de la Défense Téné Birahima Ouattara. Au menu de cette randonnée en terre ivoirienne, du chef militaire français, « renforcer l’autonomie » de la Côte d’Ivoire en matière de lutte contre le terrorisme.

Selon le général, Thierry Burkhard, « L’armée française appuie et cherche à donner toute son autonomie à l’armée ivoirienne pour être le plus efficace. »  Il a aussi indiqué que l’insécurité due au terrorisme « est une préoccupation commune de nos deux pays et de l’ensemble des pays de la sous-région, mais également de l’Europe pour qu’il y ait la lutte contre le terrorisme. »  Puis le patron des armées françaises de faire cette profession de foi au général Lassina Doumbia, le chef d’Etat-major des armées ivoiriennes «  pour la France, la lutte contre le terrorisme reste une priorité et qu’elle y reste fermement et complètement engagée. (…) Entre militaires il est sain et naturel d’échanger les expériences. »

Que penser de ces déclarations du chef d’état-major général des armées françaises, au moment où les populations de la sous région ouest africaine fulminent de rage contre la France, ancienne puissance colonisatrice ?

Seulement voilà, l’évidence saute aux yeux et pousse à des interrogations sur la sincérité de la France.

En effet, voilà huit (8) ans que cette même France est présente dans la sous région. Notamment au Mali, pour la même raison, à savoir lutter contre le terrorisme et le djihadisme. En 8 années de présence, les fruits tardent à tenir la promesse des fleurs. Pire, le Mali subit des attaques les plus meurtrières des djihadistes. Les autorités maliennes qui avaient placé leur confiance en la France ont fini par déchanter. Tellement la désillusion est grande. Le Mali a dû recourir aux coups d’État pour changer des régimes démocratiquement élus que les militaires trouvent « incapables ». Et trois Gouvernements successifs de transition n’y ont rien changé à la situation.

De guerre lasse, les nouvelles autorités  accusant au conseil de sécurité de l’ONU, la France d’avoir «  abandonné le Mali en plein vol », ont dû se tourner vers la Fédération de Russie. Ouvrant ainsi une période de crise entre les deux pays.

Aucune semaine ne passe sans qu’il n’y ait de passe d’armes entre autorités françaises et maliennes. Aux volées de bois verts peu diplomatiques de Jean Yves Ledrian ministre français des affaires étrangères, a vivement réagi Choguel Maïga son homologue Premier ministre malien.

À ce jour, la France n’a plus de représentation diplomatique au Mali, l’ambassadeur français ayant été prié de quitter Bamako sous 72h. Et c’est fait depuis la semaine dernière. Alors question : Que vaut en Côte d’Ivoire, la parole d’un chef d’Etat-major des armées françaises, le général d’armée Thierry Burkhard, alors que son pays est accusé de « diviser le Mali » en utilisant la force européenne Takuba ?

« Takuba, c’est pour diviser le Mali » a encore asséné le Premier ministre malien Choguel Maïga, recevant des diplomates accrédités à Bamako. ”Takuba” qui signifie en langue locale, le «  Sabre » et qui n’est pas sans amplifier les craintes des autorités maliennes.

Denzel Bereby

akondanews.net

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