Union africaine: le Cameroun face aux défis de paix et de sécurité

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Le pays assure depuis le mois d’août 2021, la présidence mensuelle du Conseil de paix et de sécurité de l’organisation panafricaine dont le rôle est de prévenir et de gérer les conflits en Afrique.

Une mission assez grande pour le Cameroun qui depuis février 2020, siège au sein du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA). En sa qualité de président de cet organe pour le mois d’août en cours, Yaoundé devra participer à la prise de certaines décisions importantes pour la vie du continent.

De la crise sanitaire de la Covid-19 aux différents foyers de tensions en passant par le programme des frontières très sensibles de l’Union africaine, l’agenda est saturé pour le Cameroun qui envisage tenir onze réunions au cours de sa mandature.

Si le cas de la transition au Tchad était au menu de la réunion du 3 août dernier, une session au niveau ministériel s’est tenue le 19 du même mois totalement consacrée à la gouvernance des frontières en Afrique à travers le programme frontières de l’Union africaine. La réunion avait pour but d’examiner les progrès accomplis et les défis dans la mise en œuvre de ce programme continental adopté par la conférence des chefs d’État de l’Union africaine.

Les travaux présidés en visioconférence par le ministre camerounais des Relations extérieures, S.E Lejeune Mbella Mbella par ailleurs président du CPS pour ce mois d’août, ont évalué la collaboration et la coordination dans une logique de promouvoir une synergie à plusieurs niveaux pour faire des frontières, un espace de rapprochement et non un théâtre de conflits. C’est à ce titre qu’au cours de cette session, le Cameroun à travers son point focal de la crise anglophone, le ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures chargé de la coopération avec le Commonwealth, et membre de la délégation camerounaise Félix Mbayu, a proposé la prise en compte de la coopération des collectivités territoriales décentralisées pour anticiper le développement au niveau des frontières.

Marquer une nouvelle fois, la présidence camerounaise

Après 2004, 2006 et 2012, le Cameroun a l’opportunité de faire rayonner à nouveau sa diplomatie au niveau continental à travers sa présidence mensuelle au sein du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine.

En 2013, alors que le président Mohamed Morsi était renversé en Egypte et que le Cameroun présidait au CPS, la question de sanctionner ou non l’Égypte (grand contributeur de l’union africaine),  revenait dans les débats. Mais, malgré la sensibilité du dossier, Yaoundé a pu prononcer une sanction contre le Caire, ce qui avait honorablement marqué sa présidence.

Pour cette fois, le Cameroun peut à nouveau briller sur des dossiers comme le tigré en Ethiopie, les processus de transition au Tchad et au Mali ou sur la crise sanitaire de covid-19 que les africains dans l’immense majorité, appellent à une résolution qui prenne en compte, les solutions essentiellement endogènes. Une initiative dans ce sens marquerait à coup sûr, la présidence camerounaise qui va inaugurer le mois de l’amnistie (septembre) de l’Union africaine dont l’objectif est la consolidation de la paix et une garantie de la sécurité à travers l’agenda 2063 de l’UA dans  son programme “faire taire les armes”. La session ministérielle inaugurale est d’ailleurs prévue le 31 août prochain.

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a été créé en 2002 puis mis en opération en 2004. C’est un organe décisionnel permanent qui permet de prévenir et de gérer les conflits sur le continent. Il regroupe 15 États élus par le conseil exécutif et representant les 5 grandes régions d’Afrique. Le Cameroun qui règne en ce moment, a deux présidences dont l’une est en cours et la seconde prévue pour janvier-février 2022.

Yves Modeste NGUE

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