“Twitter files” : ce qu’on a trouvé dans la cage de l’oiseau bleu

La « boite noire » de Twitter commence à parler… Son nouveau patron, Elon Musk, a ouvert la cage et les révélations se succèdent confirmant les soupçons sur le manque de transparence et les biais de l’ancienne équipe aux commandes.

De la censure exercée sur le contenu de l’ordinateur d’Hunter Biden, au bannissement du Président en exercice Donald Trump après les émeutes du 6 janvier 2021, jusqu’à la discrimination des voix s’opposant aux politiques gouvernementales anti-Covid, la « boite noire » est riche d’informations. L’attitude du puissant réseau social est mise en exergue par Freddie Sayers qui a de nouveau interviewé le professeur Bhattacharya (voir la video en lien)… Co-auteur de la déclaration de « Great Barrington », ce dernier a lancé un procès contre le gouvernement fédéral américain (voir notre LSDJ 1708). Il a été invité par Elon Musk au siège de Twitter pour examiner personnellement les archives le concernant.

Le professeur Bhattacharya n’a créé un compte sur Twitter qu’en août 2021 dans l’espoir de combattre la censure qui s’exerçait sur la déclaration publiée en octobre 2020. Elle dénonçait la politique de confinement comme étant nocive pour la santé publique, et recommandait une approche plus ciblée. Très vite, il a constaté que l’audience de ses tweets restait limitée à ses abonnés (« followers »). Son compte était bridé… Une première confirmation en inspectant l’historique de son profil : le jour même de l’ouverture du compte, Twitter a reçu plusieurs plaintes réclamant la mise à l’index du compte personnel de Jay Bhattacharya. Et la réaction a été rapide : son nom a été ajouté à une liste noire bloquant l’accès à une audience large (3’25’’). Les auteurs de ces alertes ne sont pas encore identifiés mais la nouvelle équipe pilotant l’oiseau bleu enquête (5’)… Ce qui est sûr : il a fallu l’intervention d’une personne physique d’autorité chez Twitter pour programmer le bridage – qui a été renouvelé plusieurs fois en 2021 et 2022. Jay Bhattacharya a recueilli l’assentiment de son confrère Martin Kulldorff pour avoir accès à l’historique de son statut chez Twitter. Le professeur Kulldorff (Harvard) avait co-signé la déclaration de Great Barrington, et soupçonnait aussi que ses communications étaient surveillées par le réseau social. L’analyse des archives a démontré que c’était le cas depuis juillet 2020 alors que Kulldorff avait contesté le bien-fondé de la fermeture des écoles. De nombreux tweets réclamaient alors la fermeture des écoles pour juguler la hausse des contaminations. Kulldorff répondait en ajoutant systématiquement un lien vers une étude suédoise. Cette dernière indiquait que depuis la réouverture des écoles au printemps 2020 en Suède, aucun mort du Covid n’avait été signalé parmi les élèves, et les enseignants malades avaient été très peu nombreux. Les tweets de Kulldorff ont déclenché des alertes chez Twitter et la mise sous surveillance de son compte renouvelée jusqu’en 2022 (17’). Elon Musk s’est engagé à ce que ces paramètres cachés disparaissent.

Des acteurs privés dotés d’une influence énorme – Twitter en première ligne – ont donc servi avec zèle les intérêts d’une administration publique (21’). Cette censure entraîne des conséquences sur la santé publique. Le cas actuel de la Chine en est une illustration. « La censure tue » selon Bhattacharya. Si l’échange d’opinions de tous les spécialistes avait été permis de manière transparente – par exemple sur l’expérience suédoise   – il ne fait guère de doute que la politique publique eût été plus mesurée (27’). Selon la Banque Mondiale, 100 millions de personnes à travers le monde sont tombées dans la pauvreté à cause des confinements. Les enfants ont perdu des mois, voire des années, de scolarité avec des effets graves sur le long terme. Les gouvernements ont eu tendance à se protéger derrière « l’avis d’experts » alors qu’il n’y avait pas de consensus puisque les spécialistes s’opposant aux confinements étaient marginalisés par les médias et les réseaux sociaux…

L’entrevue avec Elon Musk lui-même a duré une heure. Que penser de ses attitudes provocatrices – en particulier de son appel à traîner Anthony Fauci (le conseiller en chef « anti-Covid » de la Maison Blanche) devant la justice ? Bhattacharya n’est pas convaincu que ce type de posture aide à la recherche de la vérité. Le mérite du risque pris par Elon Musk (44 milliards de dollars) en capturant l’oiseau bleu est de dénoncer la politisation des instances de santé, la tendance de nombreux scientifiques à se comporter en activistes. Mais le professeur de Stanford préfère mettre l’accent sur la responsabilité du gouvernement fédéral qui n’a pas hésité à utiliser des sociétés privées pour faire taire des voix dissidentes, ce qui est un attentat contre les fondements de toute démocratie. C’est le sens du procès intenté et les dossiers transmis par Twitter vont nourrir les arguments de l’accusation (33’).

source: LSDJ(Ludovic Lavaucelle)

Akondanews.net

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