Trafic de drogue en Afrique de l’Ouest : La Côte d’Ivoire avoue son impuissance

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Diomandé Vagondo ministre de l’intérieur et de la sécurité : «Notre pays, en phase de devenir une forte zone de transit »

«Notre pays est malheureusement en phase de devenir une forte zone de transit. L’analyse des données sur la drogue révèle que les drogues les plus courantes en Côte d’Ivoire sont le cannabis, les substances psychotropes, ainsi que l’héroïne et la cocaïne » a regretté le ministre ivoirien de l’Intérieur et de la Sécurité, Diomandé Vagondo. C’est ce mercredi 29 juin, à l’occasion de la cérémonie officielle de la 35e édition de la journée internationale de lutte contre l’abus et le trafic illicite de drogues. Une rencontre à laquelle il a pris part avec la représentante spéciale du Secrétaire général de l’Onu, Giovanie Biha.

Cette année le thème retenu de cette rencontre qui a lieu dans la ville balnéaire de Grand-Bassam est : « Criminalité transnationale organisée et trafic illicite de drogues ». En 2021, les structures de lutte et de répression contre les drogues et stupéfiants en Côte d’Ivoire ont saisi plus d’une tonne de cocaïne, 10 tonnes de cannabis et plus de 750 tonnes de médicaments de qualité inférieure et falsifiés (Mqif). Au premier semestre de 2022, ces mêmes acteurs ont déjà saisi plus de deux tonnes de cocaïne, plus de sept tonnes de cannabis et un peu plus de 150 tonnes de Mqif. Ces chiffres révélés, par le secrétaire général du Comité interministériel de lutte anti-drogue (Cilad), Kouma Yao Ronsard Okondor, révèlent malheureusement que la Côte d’Ivoire est désormais la plaque tournante du trafic de drogue de toutes sortes en Afrique subsaharienne.

Le ministre de l’Intérieur et de la sécurité le confirme et s’en inquiète d’ailleurs. Il a averti que la saisie récente de plus de deux tonnes de cocaïne témoigne de la menace de réseaux criminels sur la sécurité et la santé des populations, et aussi sur les économies des pays africains. Une triste réalité sous le régime Ouattara, qui est également constatée au niveau international.

Selon le Rapport mondial sur les drogues 2022 de l’Onudc publié le 27 juin 2022, la Côte d’Ivoire est devenue un point de transit prisé pour les trafiquants. Un pays de desserte de la sous-région. Selon l’office des Nations unies contre la drogue et le crime, depuis 2019, 16,6 tonnes de drogue ont été saisies au Cap Vert, 4,7 tonnes au Sénégal et près de 4 tonnes au Bénin. Au total, 57 tonnes de cocaïne ont été saisies dans la région depuis trois ans.

La cocaïne arrive dans les ports ouest-africains et reprend généralement la mer à destination de l’Europe ou, pour une partie, traverse le Sahel, indique le rapport. Parfois, la drogue est même transformée en Afrique de l’Ouest. Comme au Sénégal où en 2021, un laboratoire a été démantelé et 675 kg ont été saisis. Dans son rapport, l’Onudc démontre aussi que les narcotrafiquants multiplient les points d’entrée en Afrique de l’Ouest, notamment pour limiter les pertes en cas de saisies.

Denzel Bereby, Correspondant

Akondanews.net

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