TOGO : Abass Bonfoh ; l’ex-président n’est plus.

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L’ex président de la République et de l’Assemblée nationale togolaise, El Hadj Abass Bonfoh est décédé le 30 juin dernier à Kabou dans son village natal à l’âge de 72 ans.

Relatée comme une rumeur, la nouvelle de la disparition de l’ancien Chef d’Etat togolais a été confirmée par un communiqué de presse de la Présidence Togolaise en date du 1 er juillet dernier. Dans sa sortie, Faure Gnassingbé n’a pas caché sa « profonde émotion» et sa «grande affliction» suite au décès de l’ex patron du parlement « survenu dans la nuit du mardi 29 juin au mercredi 30 juin 2021».

Le parcours du feu président par intérim reste unique et exceptionnel.

Professeur de sport à ses débuts, l’ex numéro 1 du parlement togolais a accédé au poste de directeur régional de la planification de l’éducation à la fin de ses études dans le domaine en France. Humble et humaniste, membre du parti RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) il a vite eu les approbations des populations de la ville de Kara qui l’ont plébiscité lors des élections législatives de 1999. Abass Bonfoh devient alors député du parti RPT. Trois ans plus tard, il accède au poste de vice-président de l’Assemblée nationale togolaise.

Suite au décès du General Gnassingbé Eyadema le 05 février 2005, le président du parlement togolais d’alors Fambaré Ouattara Natchaba était censé devenir Chef d’Etat selon les dispositions de la constitution togolaise en vigueur cette période. Ce dernier revenant d’un voyage de l’étranger était obligé d’ atterrir au Benin confronté à la fermeture des frontières togolaises. Nommé Chef d’Etat par de hauts responsables de l’armée togolaise, l’actuel président Faure Gnassingbé sera confirmé par la majorité des députés de l’époque. Les sorties de la Communauté Internationale vont contribuer à un retour à la normale avec à la clé une démission de Faure Gnassingbé. L’incapacité de revenir au pays du président de l’hémicycle Natchaba va permettre à Abass Bonfoh ; vice-président de se retrouver dans la posture de numéro 1 du parlement. Cette nouvelle fonction l’octroie automatiquement les prérogatives de Chef d’Etat du Togo le 25 février 2005.

Premier responsable du pays, Abass Bonfoh a organisé l’élection présidentielle de 2005. Pour plusieurs observateurs de la vie politique togolaise ; il s’agit de l’une des plus sombres pages de l’histoire du pays. Selon un rapport du gouvernement togolais, il y aurait eu entre 100 et 150 morts issus des violences de cette période.

Suite à l’officialisation de la victoire de Faure Essozimna Gnassingbé le 04 mai 2005, le président par intérim Bonfoh va quitter la Présidence de la République pour son poste de premier responsable de l’Assemblée nationale togolaise. Un poste qu’il va occuper jusqu’en 2013 avant de se retirer de la vie publique. Pour Christian Trimua, Ministre des Droits de l’homme, de la Formation à la Citoyenneté, chargé des relations avec les Institutions de la République : « il a joué un rôle important dans une période charnière de l’histoire constitutionnelle et institutionnelle de la IVème République ».   

Vu le lourd tribut payé par le peuple togolais au lendemain de l’élection présidentielle de 2005, l’ex-Chef d’Etat El Hadj Abass Bonfoh avait-il la capacité d’éviter ce scénario à sa nation ?

Noel de SOUZA

AKONDA NEWS

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