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Bujumbura, Burundi – La situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs atteint un niveau critique, au point que le président burundais, Évariste Ndayishimiye, a lancé un avertissement sans équivoque. Lors d’une réunion avec le corps diplomatique, il a dénoncé le rôle du Rwanda dans la crise sécuritaire à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) et a appelé à une action immédiate de la communauté internationale.
“Paul Kagame doit être arrêté avant qu’il ne soit trop tard”
Dans un ton ferme, le président Ndayishimiye a directement mis en cause son homologue rwandais Paul Kagame, qu’il accuse d’alimenter la guerre en RDC et de menacer la stabilité de toute la région. “Si la communauté internationale laisse faire le Rwanda à l’Est de la RDC, la guerre sera généralisée et c’est toute la région qui en sera affectée”, a-t-il martelé.
Le chef d’État burundais affirme que le Rwanda entraîne, arme et envoie des réfugiés burundais en RDC pour y combattre, et qu’il cherche également à les rediriger vers le Burundi pour semer le chaos. Une situation qu’il qualifie de menace directe pour son pays et pour l’ensemble de la région.
Une guerre aux portes de l’Afrique de l’Est
Pour Ndayishimiye, le conflit à l’Est de la RDC ne se limite pas aux seuls territoires congolais. “Le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie et le Burundi sont tous menacés par la guerre que le Rwanda mène à l’Est de la RDC”, a-t-il affirmé, soulignant la gravité de l’extension du conflit.
Il a également pointé du doigt l’implication de l’Afrique du Sud, dont les soldats souffrent sur le terrain en RDC, rappelant que même un pays éloigné géographiquement subit les effets de cette guerre.
Une guerre aux racines économiques et impérialistes
Au-delà des tensions locales, le président burundais voit dans cette situation une manipulation des puissances étrangères, appliquant la stratégie du “diviser pour mieux régner” afin de profiter des ressources naturelles abondantes de la région des Grands Lacs. “Un engagement ferme des dirigeants africains reste la seule thérapie pour trouver une solution”, a-t-il insisté, appelant à une action concertée des États africains contre l’ingérence extérieure et la guerre économique qui se joue sur le continent.
Alors que la crise s’intensifie, la communauté internationale reste sous pression pour réagir face à ces accusations et prendre des mesures pour éviter une explosion généralisée du conflit dans cette région fragile.
Raphaël Lumoo, correspondant à Goma
Akondanews.net