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À l’aube des élections législatives, provinciales et communales prévues le 29 décembre 2024, l’opposition tchadienne a annoncé dans la matinée de ce mardi 10 décembre 2024, une vaste campagne de boycott du scrutin. Réunis au sein du collectif Gcap, 15 partis politiques de l’opposition ont décidé de mener cette campagne pour dénoncer un scrutin qu’ils jugent non démocratique et dont les résultats seraient déjà connus.
Réunis au sein du collectif Gcap, ce sont au total 15 partis politiques de l’opposition tchadienne, qui ont décidé de mener une campagne de boycott des élections législatives, provinciales et communales prévues le dimanche 29 décembre prochain. Un boycott, pour inviter les tchadiens à ne pas donner de légitimité à un scrutin non démocratique et dont les vainqueurs sont déjà connus.
« C’est un vote totalement inutile. Nous sommes dans un pays où les voix de ceux qui votent ne comptent pas. Il n’y a pas de transparence et il n’y aura pas de résultats sortis des urnes » a révélé l’opposant Avocksouma Djona Atchénémou, qui précise que « Les sièges sont déjà distribués. Certains ont même déjà commencé à utiliser leur titre de « députés » ou d’ « honorables ».
Poursuivant, le professeur Avocksouma Djona Atchénémou, s’est interrogé sur la nécessité de participer à un scrutin où les candidats du parti au pouvoir, sont déjà assurés de rafler tous les sièges.
« Pourquoi alors iraient-ils perdre du temps, de l’énergie et des ressources à organiser une campagne s’ils savent qu’ils ont d’ores et déjà gagné et qu’ils ont un siège assuré, garanti par le supposé président de la République ? » s’interroge t-il.
Par ailleurs, le professeur Avocksouma Djona Atchénémou, a expliqué le modus operandi de la campagne de boycott de l’opposition tchadienne, qui consiste à mettre en mission plus de 300 jeunes formés dans les 23 provinces administratives du pays, afin de convaincre les tchadiens de ne pas participer au scrutin du 29 décembre prochain, mais surtout, de ne pas accorder du crédit à un régime qui depuis des lustres a appauvri et déshumanisé les tchadiens.
« Nous sommes dans un pays qui n’a ni eau ni électricité, où l’école publique est privatisée, où l’hôpital public est privatisé, où il n’y a pas de routes, pas de pont, où il n’y a rien sauf un taux de pauvreté qui avoisine les 50 % de la population, (…) Absolument rien n’a été fait. Le Tchad n’est pas un pays pauvre, c’est un pays appauvri » a laissé entendre Avocksouma Djona Atchénémou du parti Les Démocrates.
Toutefois, le parti au pouvoir, le MPS de Mahamat Idriss Déby, en campagne depuis le samedi 7 décembre dernier, entend demeurer le parti dominant du pays en raflant tous les sièges électifs au soir du 29 décembre ce, avec près de 3000 candidats investis.
Adingra OSSEI