TCHAD : La signature d’un accord entre la junte et une partie des factions rebelles garantira-t-il le retour des civils au pouvoir ?

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Doha, le 8 août 2020

Ce lundi 8 août 2022 est sur le point de s’inscrire en lettres d’or dans le canal de l’histoire de la politique tchadienne. Un accord fort apprécié par l’Organisation des Nations Unies (ONU) vient d’être signé entre Mahamat Idriss Déby Itno, chef de la junte militaire tchadienne et une quarantaine de groupes rebelles. Cet accord signé dans la perspective d’instaurer un dialogue pour la paix et le retour au pouvoir aux civils semble n’avoir pas rencontré l’assentiment du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT). Groupe rebelle à l’origine de la mort de l’ex Président défunt le Maréchal Idriss Déby Itno.

Dans la dynamique d’un retour à la normalité, Mahamat Idriss Déby Itno avait promis des élections libres et démocratiques dans un délai de 18 mois, après un “dialogue national inclusif” avec l’opposition politique et les innombrables mouvements rebelles.

Le texte issu de l’accord qu’il vient d’engager prend aussi en compte la sécurité de ces opposants, invités à participer à la discussion. Cette tentative de trouver un terrain entre les forces rebelles et la junte au pouvoir sensé contribuer à la passation du pouvoir politique au civil a été qualifiée de “moment clé pour le peuple tchadien” par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres dans une vidéo diffusée lors de la cérémonie officielle à Doha. Celui-ci a néanmoins insisté sur la nécessité d’un dialogue “inclusif” pour que celui-ci puisse aboutir.

42 des 47 groupes présents à Doha ont apposé leur signature à l’exception du FACT dont la réticence selon toute vraisemblance, semble amenuiser les espoirs des médiateurs à Doha. Dans un communiqué, le FACT explique le rejet de signer l’accord par la non prise en compte de leurs revendications. Entre autres, la libération des prisonniers. Par ailleurs, il dit être ouvert au dialogue ‘’partout et toujours”.

“Nous sommes toujours sur le terrain, mais il est encore trop tôt pour savoir si nous allons reprendre la voie des armes, nous allons regarder ce qu’il va se passer dans les prochains jours, notamment avec le dialogue à N’Djamena”, a déclaré à l’AFP depuis Doha Brahim Hissein, chargé des relations extérieures du FACT. Pour rappel c’est l’attaque perpétré par ce groupe rebelle qui conduit le 19 avril 2021 Idriss Déby Itno à la mort.

Le Conseil de commandement militaire pour le salut de la République (CCMSR), un autre important groupe rebelle, a lui aussi annoncé ne pas vouloir signer l’accord, affirmant que les “principes pour lesquels nous nous battons ne nous permettent pas de faire partie d’un dialogue dont nous ne connaissons pas les objectifs”.

Le refus des deux groupes rebelles d’être parties prenante, ne rendra-t-il pas utopique ou hypothétique l’aboutissement de cet accord tant attendu par la communauté internationale et le peuple tchadien. L’avenir nous le dira !

Philippe Avicenne

Correspondant Akondanews

Source : AFP, France 24.

NB : Le titre et les commentaires sont de la rédaction.

 

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