TCHAD : Hissène Habré décédé et inhumé au Sénégal

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L’ex président tchadien Hissène Habré décédé le 24 août dernier à l’âge de 79 ans des suites de la Covid 19 à Dakar, a été inhumé le 26 août 2021 au  cimetière musulman de Yoff, dans l’indifférence totale et en absence des officiels sénégalais et tchadiens qui ont tout brillé par leur absence.

Parvenu au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat contre le régime de Goukouni Oueddei en 1982, Hissène Habré a au cours de ses huit années de règne, dirigé d’une main de fer le Tchad avant d’être renversé en 1990 par Idriss Déby Itno et trouvé refuge au Sénégal.

Sous la pression internationale, Hissène Habré est arrêté en 2013 au Sénégal et inculpé à perpétuité par les Chambres africaines exceptionnelles, pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et actes de torture commis au cours de sa gouvernance sur près de 40.000 personnes.

En outre, le 29 juillet 2016,  le tribunal spécial instauré en coopération avec l’Union africaine, les Chambres africaines exceptionnelles, a condamné l’ex président tchadien Hissène Habré à verser 20 millions de FCFA  à chaque victime.

Bras séculier des dirigeants français et américains des années 80, Hissène Habré a été au cours de sa présidence un partenaire privilégié de l’occident contre le duo Goukouni Oueddei – Mouammar Kadhafi.

Fondateur du Conseil de commandement des forces armées du Nord qui deviendra les Forces armées du Nord, Hissène Habré a pris d’importantes mesures après la chute de son rival Goukouni Oueddei en 1982, notamment, la suppression du poste de premier ministre, la transformation des FAN en une armée régulière, puis la création d’une police politique, la Direction de la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS).

Laquelle direction a été en fait, selon les organisations de la société civile tchadienne, l’instrument de répression politique d’Hissène Habré qui a particulièrement enlevé et assassinés de milliers d’opposants politiques et des défenseurs des droits de l’homme.

Inhumé à Yoff le 26 août dernier au Sénégal, loin de sa terre natale le Tchad, Hissène Habré part en n’ayant versé aucun centime sur les 82 milliards de francs CFA (125 millions d’euros) auxquels il a été condamné.

Pour, Reed Brody, membre du comité international de justice ayant assisté les victimes depuis 1999, « Habre restera dans l’Histoire comme l’un des dictateurs les plus impitoyables, comme un homme qui a massacré son propre peuple pour s’emparer du pouvoir et s’y maintenir, qui a incendié des villages entiers, condamné des femmes à servir d’esclaves sexuelles à ses soldats et fait construire des cachots secrets pour infliger à ses ennemis des tortures moyenâgeuses. »

Connu comme étant un négationniste des principes démocratiques et des libertés publiques, Hissène Habré reste pour nombre de partisans et d’africains, un président ayant indéniablement contribué à la construction de l’Etat tchadien et à la modernisation du système politique du pays.

L’un de ses fils Hamid Hissène Habré, qui a pris la parole au nom de la famille Habré en l’absence des deux épouses du défunt, a laissé entendre au cours de l’oraison funèbre de son père au cimetière musulman de Yoff à Dakar que  leur devoir «c’est de le réhabiliter et de lui rendre justice » car Hissène Habré est « un père aimant ».

Silencieux tout au long de son procès ayant abouti à sa condamnation à perpétuité, Hissène Habré pourra t-il être acquitté et blanchi par l’histoire, le tribunal du peuple ?

Adingra OSSEI

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