Sommet EAC-SADC : Une force hybride pour sécuriser l’Est de la RDC

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Les dirigeants de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe poursuivent leurs efforts pour trouver une solution durable au conflit qui ravage l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Lors du sommet conjoint entre la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), tenu le mardi 25 mars 2025, les chefs d’états-majors des pays membres ont convenu du déploiement d’une force hybride pour une période maximale de 120 jours.

Cette décision intervient dans le cadre d’une riposte dite “musclée” face à l’expansion de l’AFC/M23, groupe rebelle occupant plusieurs agglomérations urbaines et rurales dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Un tournant dans l’approche militaire régionale ?

Ce nouveau déploiement intervient alors que les contingents de la SAMIR RDC, envoyés pour rétablir la paix, ont été désarmés et rapatriés à Goma le 24 février 2025 par les rebelles du M23. Cet échec met en évidence les difficultés des forces régionales à contenir l’avancée des groupes armés.

En effet, la précédente mission de la Force régionale de la Communauté d’Afrique de l’Est (EACRF), déployée depuis trois ans, n’a pas réussi à neutraliser le M23, dont la puissance militaire ne cesse de croître. Face à cet échec, les États membres ont décidé d’opter pour une nouvelle approche impliquant la fusion des forces de l’EAC et de la SADC, afin de coordonner une stratégie plus efficace contre les groupes armés opérant dans l’Est de la RDC.

Une approche militaire contestée

Si cette décision est perçue comme une avancée par certains observateurs, d’autres estiment que la solution militaire ne suffira pas à éradiquer définitivement l’insécurité dans l’Est du pays.

Des analystes de la région soulignent que la rébellion ne pourra être vaincue que par des négociations diplomatiques, et non par la force. Ils rappellent que les multiples cessez-le-feu signés ces dernières années n’ont pas permis de stabiliser la situation, alors que la population civile continue de payer un lourd tribut à cette guerre, qui dure depuis plus de trois décennies.

Une guerre économique sous-jacente

Le conflit qui sévit à l’Est de la RDC dépasse largement la simple lutte entre forces gouvernementales et groupes rebelles. Derrière cette insécurité chronique se cache une guerre économique, alimentée par l’exploitation illégale des ressources naturelles du pays, notamment le coltan, l’or et d’autres minerais stratégiques.

Tant que ces enjeux économiques ne seront pas traités de manière transparente et équitable, aucune solution militaire ne pourra garantir une paix durable. La communauté internationale est donc appelée à jouer un rôle plus actif dans la régulation du commerce des ressources minières et à imposer des sanctions contre les acteurs qui financent indirectement les groupes armés.

Quelle issue pour la population congolaise ?

Alors que cette nouvelle force hybride se prépare à entrer en action, la population civile reste la principale victime de ce conflit. Les violations des droits de l’homme, les déplacements massifs et les violences en tout genre se poursuivent sans relâche.

L’efficacité de cette initiative militaire conjointe dépendra donc de sa capacité à réellement sécuriser la région, mais aussi de la mise en place de solutions diplomatiques et économiques qui permettront enfin d’amorcer un processus de paix durable en RDC.

Rédaction

Akondanews.net

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