Relocalisation du personnel de l’ONU à Goma : une décision qui relance les critiques sur son efficacité au Nord-Kivu

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Kinshasa, 26 janvier 2025 – Alors que l’Organisation des Nations Unies (ONU) annonce la relocalisation temporaire de son personnel non essentiel à Goma en raison de l’aggravation de la situation sécuritaire au Nord-Kivu, cette décision soulève une nouvelle fois des questions sur l’efficacité de sa mission dans cette région de la République démocratique du Congo. Depuis plus de deux décennies, cette partie du pays, sous surveillance de l’ONU via la MONUSCO, demeure un théâtre de violences, de massacres et d’instabilité chronique.

Un bilan sécuritaire contesté

Malgré la présence massive des casques bleus, le Nord-Kivu continue de subir les affres des groupes armés, notamment les exactions du M23, une milice largement perçue comme soutenue par le gouvernement rwandais de Paul Kagame. Ces violences se traduisent par des déplacements massifs de populations, des violations graves des droits humains et un climat de terreur qui persiste année après année. Cette situation pose une question fondamentale : comment expliquer l’incapacité de l’ONU à ramener la paix dans cette région après des décennies de déploiement ?

Les populations abandonnées à leur sort

Pour de nombreux habitants du Nord-Kivu, la relocalisation du personnel de l’ONU apparaît comme un abandon supplémentaire. Les populations locales, qui continuent de subir massacres, pillages et déplacements forcés, s’interrogent sur l’impact réel de la mission onusienne. “Nous voyons les soldats de l’ONU patrouiller, mais ils n’empêchent jamais les attaques. Ils restent là à observer pendant que nous sommes massacrés,” déplore un habitant de Goma.

Le M23, accusé d’être soutenu militairement et logistiquement par le Rwanda, continue de semer la désolation dans cette région stratégique. Pourtant, l’ONU, malgré ses moyens colossaux, n’a pas été en mesure de neutraliser cette milice ni de contenir ses avancées, suscitant des accusations de passivité ou de manque de volonté politique.

Une mission en perte de crédibilité

Depuis des années, la MONUSCO est vivement critiquée pour son incapacité à remplir son mandat de protection des civils. Cette mission, initialement créée pour stabiliser la RDC et accompagner les autorités congolaises dans le rétablissement de la paix, semble incapable de contrer les causes profondes du conflit, notamment les ingérences étrangères et les enjeux économiques liés aux ressources naturelles.

Les populations locales et plusieurs observateurs internationaux pointent également du doigt l’absence de sanctions fermes contre les acteurs externes impliqués dans l’instabilité, notamment le Rwanda, accusé de soutenir le M23. “Comment peut-on parler de paix alors que des acteurs étrangers continuent d’alimenter le chaos, et que l’ONU semble détourner le regard ?” s’interroge un analyste régional.

La nécessité d’un changement de paradigme

Cette relocalisation temporaire, si elle est justifiée par des impératifs de sécurité, souligne l’incapacité de l’ONU à répondre durablement aux besoins des populations du Nord-Kivu. La situation exige une réévaluation complète de la stratégie onusienne en RDC, avec un engagement ferme pour lutter contre les groupes armés, stopper les ingérences extérieures et protéger efficacement les civils.

Tandis que les Nations Unies réitèrent leur engagement pour la paix et la stabilité, les populations du Nord-Kivu attendent des actions concrètes, au-delà des mots. Car pour elles, la paix n’a jamais été aussi lointaine, malgré des décennies de promesses internationales.

ElloMarie, conscience africaine, analyste politique et contributeur à Akondanews

Akondanews.net

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