Réflexions sur la problématique de la destinée forgée avec l’histoire, dans l’exercice du pouvoir d’État

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Il ne suffit pas de rentrer dans l’histoire. Il faut y rester. Tel est le postulat autour duquel cette réflexion sera menée. Ce, relativement aux dirigeants politiques dont les actes ont entraîné leur destinée et scellé leur sort du bon ou du mauvais côté de l’histoire.

Pendant qu’Angela Merkel demeure dans l’histoire

Le dimanche 26 septembre 2021 dernier, les Allemands se sont rendus aux urnes pour élire un nouveau Chancelier. Poste occupé, pendant seize (16) ans, par Mme Angela Merkel. En réalité, c’est 15 ans, 10 mois et 10 jours. Puisqu’elle est élue pour la première fois Chancelière fédérale allemande, le 22 novembre 2005. Nous voyons là, beaucoup de personnes se prévaloir de l’exemple de cette réélection de Merkel, pour justifier les troisième, quatrième voire plus de mandats et s’en réjouir. Mais qu’ils se détrompent. Mme Merkel n’a jamais tripatouillé la constitution allemande, encore moins la violer.

Angela Merkel, chimiste de formation, est née le 17 juillet 1954 à Hambourg en Allemagne. Elle avait 7 ans, lorsque dans la nuit du 12 au 13 août 1961, des Allemands ont construit un mur (155 km de long et 3,60 m de hauteur, sans oublier en plus les barbelés au-dessus) afin d’empêcher d’autres des leurs, c’est-à-dire leurs propres parents Allemands de se voir et/ou de se fréquenter.

Cela a duré 28 ans (du 13 août 1961 au 9 novembre 1989). Angela Merkel fait partie d’un mouvement politique d’opposition chrétien, Demokratischer Aufbruch (DA), en français, “le Renouveau démocratique”.

Le DA fut fondé le 29 octobre 1989 en Allemagne de l’Est. Son idéologie : démocratie chrétienne libérale et pro-réunification de l’Allemagne. Il deviendra parti politique par la suite. Et lors des premières élections multipartites en Allemagne de l’Est, le 18 mars 1990, le DA qui faisait partie de la coalition conservatrice Alliance pour l’Allemagne (Allianz für Deutschland), obtient 4 sièges. Le 4 août 1990, le DA disparaît pour se fondre dans le CDU-Est Allemand. Rappelons que le CDU, en français, l’Union chrétienne démocrate, est parti politique d’Allemagne de l’ouest, fondé le 26 juin 1945, et d’idéologie de droite : chrétien libéral conservateur.

Angela Merkel, avant la fusion absorption du D. A fut porte-parole du mouvement. D’abord, dans le CDU de l’Est, puis le CDU fédéral. Elle gravit les échelons : Porte-parole adjoint du gouvernement fédéral, vice-présidente de la CDU, ministre de la femme, puis de l’environnement dans les gouvernements fédéraux. Elle devient présidente du groupe parlementaire CDU/CSU (Union chrétienne sociale), à la chambre des députés fédéraux (Bundestag). Au-delà du fait qu’elle ait été la première allemande de l’est à devenir Chancelière, elle fut également la première femme, depuis la création de cette fonction (Chancelière fédérale ou Bundeskanzler), le 23 mai 1945. Ne l’oublions pas que le droit de vote de la femme en Europe comme aux États-Unis et Canada fut récent.

En effet, c’est le 15 avril 1920 que fut accordé aux femmes le droit de voter aux élections communales. Mais, là encore ce n’était pas toutes les femmes. Les prostituées et les femmes adultères furent exclues. Et le 24 avril 1921, les femmes prennent part pour la première fois aux élections communales en tant que candidates et électrices.

Comme femme européenne ayant occupé des hautes fonctions, on peut citer, avant Angela Merkel, la pionnière Margaret Thatcher. Elle fut élue premier ministre du Royaume uni le 4 mai 1979, poste qu’elle occupera jusqu’ au 28 novembre 1990, soit pendant 11 ans, 6 mois et 24 jours.

Il y a également Vigdès Finnbogadóttir, la première femme européenne, élue au suffrage universel direct, le 1er août 1980, à la présidence de la République en Islande. Et comme Angela Merkel, elle fera 16 ans de présidence car elle sera réélue consécutivement, trois fois, présidente de la République. Et ce n’est que le 1er août 1996, qu’elle quitte le pouvoir.

En conclusion à cette partie, l’on peut dire, sans risque de se tromper, que Mme Angela Merkel est rentrée dans l’histoire et l’a marquée positivement.

 Nicolas Sarkozy y en sort avec les déshonneurs

Le 26 juillet 2007, à l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar (Sénégal), devant des étudiants, des enseignants et des personnalités politiques, surtout africaines, Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa, dit Nicolas Sarkozy, Président de la République française, à cette époque, affirma ceci  «Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. (…)».

L’histoire de Sarkozy, c’est “l’histoire des magouilles, de voyous”. En effet, le jeudi 1er octobre 2021, Nicolas Sarkozy fut le premier Président français de la Ve  République à être condamné à 1 an ferme pour  «financement illégal» dans l’affaire Bygmalion.

Certes, il n’ira pas en prison, mais doit porter un bracelet électronique. Il faut rappeler qu’en mars dernier, Nicolas Sarkozy était devenu le premier Président français de la 5e République à être condamné à trois ans de prison dont un ferme, pour  «corruption et trafic d’influence», dans une autre affaire, celle dite  «des écoutes téléphoniques» . Et c’est parce qu’il fit appel que la condamnation fut suspendue. Avec Nicolas Sarkozy, ce sont des dizaines de dossiers  «d’affaires» qui planent sur sa tête. Le magazine français Marianne ne croyait si bien dire lorsqu’il écrivit, à sa Une du 7 au 13 août 2020 : Nicolas Sarkozy  «Le voyou de la République».

Nicolas Sarkozy a également, non seulement fait assassiner le président de la Libye, Mouammar Kadhafi, le 20 octobre 2011, mais aussi a donné l’ordre à l’armée française de tirer sur les Ivoiriens (on parle d’au moins 200 morts), et de bombarder la résidence du Président de la République d’alors, M. Laurent Gbagbo. Comme on vient de le voir, Nicolas Sarkozy est également un criminel. Mais ces crimes, aux yeux de la communauté impérialiste, sont parfaits car frappés de “légitimité” dans l’opinion des dirigeants. Car il n’a fait que faire assassiner des Africains.

Pourquoi les autres dirigeants européens s’indignent quand on sait que certains dirigeants africains, aliénés, ont salué ces crimes ? Heureusement que nous avons encore certains dirigeants dignes.

Dirigeants maliens, demeurez dans l’histoire !

Le 19 août 2021, le Président français Emmanuel Macron décida, de manière unilatérale, de retirer la force française Barkhane du Mali. Il faut rappeler que l’armée française est intervenue  au Mali, le 9 janvier 2012. Le prétexte de la France : des “djihadistes” seraient en train de se diriger vers la capitale Bamako. Après plus de neuf (9) ans, la situation au Mali n’a pas évolué. Pis, elle s’est dégradée. En effet, grâce à la bienveillance de la France politique et militaire, le Mali est divisé en deux États: un état au sud dont la capitale est Bamako et un autre état, au nord pour la minorité Touaregs et dont la capitale est Kidal.

Ainsi, après la décision du président français Emmanuel Macron de quitter le Mali, le président malien Assimi Goïta et son gouvernement, partant de cette décision de Macron , ont décidé, de manière souveraine, de se tourner vers d’autres partenaires, notamment, la fédération de Russie pour aider l’armée malienne à non seulement chasser les “islamistes” sur le sol malien, mais à retrouver l’intégralité du territoire. C’est cette position que, le 26 septembre 2021 dernier, le premier ministre malien Choguel K. Maïga est allé défendre à l’assemblée de l’ONU.

Mais curieusement, le même jour, le président français Emmanuel Macron, dans un discours belliqueux et méprisant, s’est pris violemment aux dirigeants maliens de putschistes. Nous voulons avant de continuer dire à M. Emmanuel Macron de réviser l’histoire de la France, surtout la présidence du général de Gaulle, le héros de tous les français (alors qu’il est le bourreau des Africains).

En effet, le général de Gaulle qui a présidé à la destinée de la France pendant presque douze (12 ans) n’a été élu qu’une seule fois aux suffrages universel direct, le 19 décembre 1965, au deuxième tour, face à François Mitterrand. Sinon, le 1er juin 1944, il s’est autoproclamé président du gouvernement provisoire de la République française. Ensuite, c’est le coup d’État du 13 mai 1958 dont il serait le meneur qui lui a permis d’être nommé le 1er juin 1958, président du Conseil. Et, c’est lors du vote au sein du collège électoral (pas direct) qu’il est élu, le 21 décembre 1958, président  de la République française pour le compte de la 5e République.

En revenant au discours d’Emmanuel Macron dont nous avons fait cas au-dessus, cela montre encore une fois l’esprit colonialiste, méprisant voire raciste des dirigeants français, et partant, des Occidentaux, vis- à-vis de l’Afrique et des Africains souverainistes et patriotes.

Conclusion

Mme Angela Merkel, au vu de son parcours, mérite respect et considération. Elle est rentrée dans l’histoire allemande et mondiale. À l’opposé, l’ex-Président, Nicolas Sarkozy, qui se cache derrière les procédures juridiques pour gagner du temps prolongé, est sorti de l’histoire, en plus avec les déshonneurs. Car depuis l’avènement de la 5e République, mars 1958, il est le seul qui fut condamné.

C’est pourquoi le magazine Marianne n’a pas hésité à le traiter de voyou de la République. Enfin, M. Assimi Goïta et Choguel Maïga, le peuple malien, et partant l’Afrique souveraine vous soutiennent dans cette voie choisie. Et nous continuerons de croire que, comme hier la Centrafrique, aujourd’hui, le Mali va suivre sa propre voie, celle de la souveraineté.

C’est pourquoi, nous pensons que l’opposition civile ne doit pas tricher avec le peuple malien, en ne cherchant pas à réclamer ici et maintenant des prétendues élections. Car, tant que le lion est dans un zoo, il ne peut se considérer comme roi de la forêt. Nous sommes dans des enclos coloniaux. Ne l’oublions pas. L’histoire est le tribunal des peuples.

Tapé GROUBERA, Président du Mouvement pour la Renaissance de l’Afrique (moraf).

Auteur du livre CES AFRICAINS ENNEMIS DES AFRICAINS.

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