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La République Démocratique du Congo est en deuil. En l’espace de quelques jours, quatre journalistes congolais ont perdu la vie, marquant une semaine sombre pour la profession. Dans un communiqué publié le dimanche 24 novembre 2024, le secrétariat général et le président de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) ont annoncé ces pertes tragiques, plongeant la corporation dans une onde de choc.
Le premier drame a frappé le jeudi 20 novembre, avec le décès d’Eugène Ngimbi Mabedo, éditeur du journal L’Intermédiaire. Agé de 56 ans, il a succombé à une crise cardiaque, laissant derrière lui une carrière marquée par un engagement constant pour une presse indépendante et professionnelle.
Le dimanche suivant, la profession a été doublement endeuillée. Jemimah Diane Mogwo, journaliste à la Radiotélévision Nationale Congolaise (RTNC), est décédée des suites d’une agression brutale survenue le 12 novembre. À seulement 31 ans, cette jeune journaliste prometteuse a été violemment attaquée par des membres présumés des « kulunas » à la sortie de son service nocturne. Après plus de dix jours de souffrance, elle a succombé à ses blessures, laissant un vide immense au sein de sa rédaction et dans le cœur de ses proches.
Le même jour, Claude-Constant Nyembwe Mutoka, une figure emblématique du journalisme écrit en RDC, s’est éteint à l’hôpital de Kintambo. Agé de 72 ans, il avait consacré sa vie à défendre la liberté de la presse et à former de nombreux jeunes journalistes. Sa disparition, à la suite d’une crise survenue la veille, représente une perte inestimable pour la profession.
À ces décès s’ajoute celui de Médine Biankunz, journaliste à RTNC2, emporté ce même dimanche à 16 heures des suites d’un AVC.
Une corporation ébranlée, une solidarité nécessaire
La disparition de ces quatre professionnels en si peu de temps a profondément ébranlé la communauté journalistique congolaise. « Nos pensées vont à leurs familles et à tous leurs proches. Le monde du journalisme congolais est en deuil », a déclaré Baudouin Kamanda wa Kamanda Muzembe, nouveau président de l’UNPC.
Face à cette série de drames, l’UNPC a lancé un appel à la solidarité nationale et internationale, exhortant les acteurs à soutenir les familles endeuillées et à rendre hommage à la mémoire de ces journalistes. Elle a également appelé à des prières pour le repos de leurs âmes, tout en demandant au gouvernement congolais de prendre des mesures pour garantir la sécurité des professionnels de la presse, particulièrement dans un contexte où la violence contre les journalistes reste une réalité préoccupante.
Cette semaine noire est un rappel douloureux de la fragilité de la vie et de l’urgence de protéger ceux qui s’engagent pour l’information et la vérité. L’Union Nationale de la Presse du Congo appelle à la mobilisation pour que le sacrifice de ces journalistes ne soit pas vain.
Raphaël Lumoo, correspondant à Kinshasa
Akondanews.net