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Une crise sanitaire d’origine inconnue sème la panique dans la province du Kwango, en République démocratique du Congo (RDC). Identifiée pour la première fois dans la zone de santé de Panzi depuis le 24 octobre 2024, cette mystérieuse maladie a déjà causé la mort de 27 personnes sur un total de 382 cas recensés dans cette zone. Désormais, l’épidémie s’étend à la zone de santé voisine de Kitenda, avec plus de 80 décès cumulés enregistrés dans les deux localités.
Une propagation inquiétante
Selon les données publiées le 3 décembre 2024 par le Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP-RDC), les aires de santé touchées dans la zone de Panzi sont passées de trois à sept, incluant des localités comme Makita Panzi, Tsakalapanzi et Kanzangi. Dans la zone de Kitenda, la situation s’aggrave avec trois décès recensés récemment et plus de 70 personnes infectées.
Lucien Lufutu, président du Cadre de concertation de la société civile du Kwango, a confirmé à Akondanews.net que de nouveaux décès sont rapportés quotidiennement. “À Panzi, où l’épidémie a débuté, les décès continuent de s’accumuler. À Kitenda, les premiers cas sont également mortels, et nous craignons une propagation encore plus rapide si des mesures drastiques ne sont pas prises.”
Des conditions aggravantes
Cette épidémie frappe une population déjà fragilisée par des conditions de vie précaires. Le manque d’accès à l’eau potable, les infrastructures sanitaires défaillantes et les ruptures répétées de stocks de médicaments exacerbent la vulnérabilité des habitants. Ces insuffisances sont aggravées par un déficit criant de personnel médical qualifié pour prendre en charge les cas.
Les responsables locaux appellent à une intervention urgente et coordonnée. “Les habitants sont pris au piège de cette maladie inconnue, et les moyens locaux ne suffisent pas à contenir la crise”, ajoute Lucien Lufutu.
Appel à une intervention nationale et internationale
Pour répondre à cette urgence de santé publique, le ministère de la Santé, de l’Hygiène et de la Prévention a annoncé la création imminente d’une équipe multidisciplinaire pour coordonner les efforts de réponse. Cette équipe inclura des experts en surveillance, en laboratoire, en communication des risques et en prise en charge médicale, ainsi que des représentants des institutions partenaires.
Les directeurs des départements stratégiques, dont l’INRB (Institut national de recherche biomédicale) et le PNUAH (Programme national d’urgence et d’assistance humanitaire), ont été sommés de désigner leurs experts dans un délai de 24 heures.
Un défi pour le système de santé congolais
Cette crise met en lumière les faiblesses structurelles du système de santé en RDC. Alors que le pays est régulièrement confronté à des flambées épidémiques, l’absence de préparations préventives adéquates reste un frein majeur à une réponse efficace.
Les prochaines étapes
Une enquête approfondie sur l’origine de cette maladie et ses modes de transmission est essentielle pour endiguer sa propagation. Parallèlement, des mesures immédiates doivent être mises en place pour améliorer les conditions sanitaires dans les zones touchées.
En attendant, les habitants de Panzi et Kitenda vivent dans l’angoisse, espérant que les autorités, avec le soutien de leurs partenaires internationaux, parviendront à contenir cette crise avant qu’elle ne se transforme en une catastrophe à plus grande échelle.
Raphael Lumoo, correspondant à Kinshasa
Akondanews.net