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Goma, Nord-Kivu – Le nouveau Maire de Goma, KATEMBO NDALENI Julien, sous le règne de la rébellion AFC/M23, a pris l’une des décisions les plus attendues mais aussi les plus controversées : la suppression des marchés pirates dans la ville. Cette mesure vise officiellement à lutter contre la recrudescence des vols et du recel d’objets volés.

Dans un communiqué officiel N° 03072/011/038/MG/2025, l’autorité urbaine alerte la population sur l’insécurité grandissante à Goma, affirmant que de nombreux objets volés dans la ville seraient écoulés dans ces marchés informels, notamment ceux connus sous les appellations de « Bwaka » ou « Tora ».
« Désormais, les marchés pirates communément appelés ‘Tora’ ou ‘Bwaka’ sont fermés à compter de ce jour », précise le communiqué officiel.
Une décision qui accentue la précarité de la population
Si cette mesure vise à endiguer le commerce d’objets issus de vols, elle suscite également une vague d’inquiétudes parmi les habitants, notamment les vendeurs d’objets d’occasion, qui voient en cette décision une menace pour leurs moyens de subsistance.
Interrogée par Akondanews.net, Madame SIUZIKE Julienne exprime son désarroi face à cette situation :
« Cette décision ne fait qu’accentuer la misère de la population de Goma. De nombreuses personnes, jeunes, femmes et hommes, vivent de la vente d’objets de seconde main. Ces marchés sont une source de revenus pour des milliers de familles. »
Des marchés existant depuis plus de 20 ans
Les marchés Tora et Bwaka existent à Goma depuis plus de 20 ans et sont bien ancrés dans le tissu économique local. Parmi les plus connus figurent ceux de La Joie, Katindo, Munzenze et Simba.
Ces espaces commerciaux informels ont, au fil du temps, bénéficié d’une forme de reconnaissance légale, les vendeurs s’étant organisés en associations et ayant payé des taxes et redevances aux anciennes autorités municipales.
Quelles alternatives pour les commerçants ?
Alors que la décision de suppression est déjà entrée en vigueur, aucune alternative concrète n’a été proposée aux commerçants affectés. La fermeture brutale de ces marchés risque de pousser davantage de jeunes vers la délinquance et d’exacerber les tensions sociales dans un contexte déjà marqué par l’instabilité sécuritaire.
Cette mesure marque une nouvelle étape dans la transformation de la ville sous le contrôle du M23, mais elle soulève des interrogations quant à l’impact social et aux véritables motivations de cette décision. La population de Goma attend désormais des clarifications et des solutions adaptées pour éviter une aggravation de la crise économique locale.
Rédaction
Akondanews.net, 12 mars 2025