RDC : Retour massif des déplacés après la prise de Goma

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Goma, RDC – Depuis la prise de Goma par les forces de l’Alliance des Forces Congolaises (AFC/M23), un mouvement de retour massif des déplacés vers leurs villages est observé dans plusieurs camps de la ville. Ce dimanche 2 février 2025, une évaluation des camps de déplacés menée par la coordination CCCM a révélé une tendance croissante au départ des populations qui avaient fui la guerre depuis plus de quatre ans.

Un retour motivé par la nouvelle situation sécuritaire

Dans le camp de Kanyaruchinya, un déplacé explique sa décision de quitter le site :

« Nous n’avons plus de raison de rester ici après plus de quatre ans d’exil. La guerre entre les FARDC et l’AFC/M23 est terminée, et maintenant que les combattants de l’AFC/M23 sont à Goma après la fuite du gouvernement, nous devons rentrer chez nous. »

Cette tendance est également encouragée par les nouvelles autorités locales. Lors d’un discours tenu à l’hôtel Serena à Goma le vendredi 31 janvier 2025, la coordination de l’AFC23 a officiellement invité les déplacés à regagner leurs villages, tout en promettant un accompagnement pour ceux qui rencontreraient des difficultés.

Un retour massif des déplacés : État des lieux des camps

Selon les dernières données du CCCM à Goma, plusieurs camps sont désormais vidés en grande partie. Voici une mise à jour de la situation :

• Bushagara : vidé à 90 %

• Centres collectifs de Kanyaruchinya : vidés à 85 %

• Rusayo 1 : vidé à 90 %

• Mudja : vidé à 80 %

• Bulengo : vidé à 50 %

• Rego : vidé à 50 %

• 8e CEPAC : vidé à 50 %

• Don Bosco : vidé à 50 %

• Nzulo 1 : vidé à 100 %

• Nzulo 2 : vidé à 100 %

• Buhimba : vidé à 60 %

• Rusayo 2 : vidé à 90 %

• Rusayo Extension : vidé à 90 %

• Kashaka : vidé à 60 %

• Baraka : vidé à 60 %

• Lushagara Extension : vidé à 60 %

• Lwashi : vidé à 50 %

• Lushagara : vidé à 50 %

Ces chiffres traduisent une dynamique de retour massive, laissant certains camps presque totalement désertés.

Un retour sans garantie de sécurité ni d’infrastructures

Si le retour des déplacés peut sembler une bonne nouvelle, il cache une réalité préoccupante : l’absence de garanties sécuritaires et d’infrastructures dans les villages de retour.

« Il n’y a pas d’hôpitaux, pas d’écoles, pas d’abris. Nous rentrons mais dans quelles conditions ? », s’inquiète un déplacé de Bulengo.

En effet, les services de base sont toujours inexistants dans plusieurs localités affectées par la guerre. De plus, les risques sécuritaires demeurent, aucun dispositif concret n’ayant été mis en place pour assurer la protection des populations retournées.

La situation humanitaire reste donc extrêmement fragile, et les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si ce retour massif pourra s’inscrire dans la durée ou si les déplacés seront contraints de fuir à nouveau en raison des difficultés sur le terrain.

Raphaël Lumoo, correspondant à Goma

Akondanews.net

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