RDC : Plus de 180 militaires jugés par la Cour Militaire de Bukavu pour crimes graves

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Un Procès d’ampleur pour des Exactions Comprises dans le Conflit à l’Est

Plus de 180 militaires, appartenant aux unités Guépard et VDP/Wazalendo, sont jugés par la Cour militaire de Bukavu dans le cadre d’une audience foraine ouverte depuis le 11 février 2025. Ces soldats sont poursuivis pour des infractions graves, notamment meurtres, viols, pillages et abandon de poste face aux rebelles du M23.

Ce procès marque une étape cruciale dans la lutte contre l’impunité des forces armées congolaises accusées d’abus sur la population civile, particulièrement dans le territoire de Kabare et dans certaines localités des provinces du Sud-Kivu.

Des Crimes Documentés par la Population

Ces militaires ont été arrêtés dans plusieurs zones sensibles, notamment autour de Kisumu et Kalehe, après des alertes répétées des populations locales dénonçant leurs agissements. Parmi les faits les plus graves figurent l’assassinat de 12 civils le 6 février 2025 à Kavumu, un crime qui aurait été commis lors d’une altercation dans un débit de boissons.

D’autres exactions ont été signalées dans les villages de Katana, Mululu, Miti, Murhesa, Mudaka et Kamanyola, où ces militaires, en fuite face aux rebelles du M23, auraient ouvert le feu de manière indiscriminée, semant la panique au sein de la population.

L’accusation vise également des actes de pillage et d’abandon de position militaire, des comportements qui ont aggravé l’insécurité dans des zones déjà marquées par la progression inquiétante du M23. La prise d’Ihusi par les rebelles le 11 février 2025 témoigne d’un contexte sécuritaire de plus en plus précaire dans le territoire de Kalehe.

Une Audience en Plusieurs Phases

L’audience du 11 février 2025 a été consacrée à l’identification des prévenus, un exercice complexe compte tenu du nombre croissant d’accusés.

• Lundi 10 février : 84 militaires étaient déjà sous les verrous.

• Mardi 11 février : 92 nouveaux prévenus ont été présentés au tribunal.

• Mercredi 12 février : 180 autres militaires doivent comparaître, portant le total à 272 accusés.

Sur les 180 nouveaux prévenus, seuls 23 ont été formellement identifiés lors des premières sessions dont le vice-gouverneur du Nord-Kivu, le commissaire divisionnaire Romuald Ekuka Lipopo, Il est accusé avec d’autres officiers militaires d’avoir fui face à l’ennemi lors de son traversée nuitamment sur le lac Kivu avec une centaine d’officiers avant la prise de Goma par le M23/RDF.Ce mercredi, l’instruction des 147 autres accusés doit se poursuivre afin d’accélérer le processus judiciaire.

Une source proche du dossier, interrogée par Akondanews.net, précise que l’ampleur du procès dépasse les prévisions initiales :

« Le tribunal voulait entamer l’instruction après avoir identifié les 92 premiers prévenus. Mais il a été annoncé que 180 autres militaires devaient aussi comparaître sous le même dossier de flagrance. Ce chiffre pourrait encore augmenter dans les jours à venir. »

Vers un Jugement Exemplaire ?

Ce procès, inédit par son ampleur, pourrait envoyer un signal fort sur la nécessité de restaurer la discipline au sein des Forces armées de la RDC (FARDC), régulièrement critiquées pour leurs actes de violence contre les civils.

Dans un contexte où l’armée congolaise doit faire face à l’avancée du M23, la tenue d’un tel procès met également en lumière les faiblesses structurelles des forces loyalistes, souvent confrontées à des désertions, des actes d’indiscipline et un manque criant de logistique.

Reste à savoir si ce procès aboutira à des sanctions fermes, à même de dissuader d’autres comportements similaires au sein des troupes engagées dans ce conflit meurtrier. La population, quant à elle, attend avec impatience que justice soit rendue et que les responsables de ces abus répondent pleinement de leurs actes.

Rédaction

Akondanews.net

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