RDC – Massacre de civils à Mamove : l’échec criant de la protection des populations à Beni

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Une nouvelle attaque meurtrière attribuée aux rebelles des ADF a endeuillé, ce dimanche 1er février 2026, la localité de Mamove, dans le secteur de Beni-Mbau. Des populations civiles, une fois de plus sans défense, ont été prises pour cible dans une violence aveugle qui choque la conscience nationale et internationale.

Selon des sources contactées par la rédaction d’Akondanews.net, la soirée de ce dimanche a été marquée par un lourd bilan : plus de 30 corps ramassés, plus de 70 maisons incendiées, tandis que plusieurs personnes restent introuvablesaprès cette nouvelle incursion des ADF dans le territoire de Beni. Cette attaque est survenue deux jours seulement après un autre massacre perpétré dans le territoire voisin de Lubero, au groupement Mwenye, en chefferie de Baswagha.

Ces massacres s’inscrivent dans une longue série d’exactions perpétrées contre des civils innocents dans les régions de Beni et Lubero (Nord-Kivu), mais aussi à Irumu et Mambasa, dans la province de l’Ituri, où les populations vivent depuis des années dans une peur permanente. Malgré les alertes répétées, malgré la présence des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), coalisées aux forces ougandaises dans le cadre de l’opération SHUJAA (Bravoure), et malgré l’état de siège en vigueur, les groupes armés continuent de frapper avec une facilité alarmante.

S’interrogeant sur cette situation, un acteur de la société civile de la région souligne que, au-delà de la barbarie des ADF, ce drame met cruellement en lumière l’incapacité des forces de sécurité à anticiper et prévenir ces attaques.
« Comment expliquer que des massacres continuent de se produire dans des zones censées être sous surveillance militaire ? Comment justifier l’absence de mécanismes d’alerte efficaces alors que les menaces sont connues et récurrentes ? », s’est interrogé M. Jean-Paul Ngahangondi, joint par Akondanews.net.

La population de Mamove, comme tant d’autres localités du territoire de Beni, paie le prix fort des failles dans le renseignement, de la protection insuffisante des civils et du manque de coordination des opérations militaires. Cette situation alimente un profond sentiment d’abandon et de méfiance envers les institutions chargées de garantir la sécurité de centaines de familles.

Il est urgent que les autorités congolaises tirent les leçons de cet énième drame. La lutte contre le phénomène ADF ne peut se limiter à des opérations réactives après chaque massacre. Elle exige une véritable stratégie d’anticipation, une collaboration renforcée avec les communautés locales et une responsabilité clairement assumée face aux échecs constatés.

Le sang des civils de Mamove, en particulier, et celui versé dans l’espace communément appelé le « Triangle de la mort », en général, ne doit pas couler en vain. Justice, vérité et protection effective des populations doivent enfin devenir des priorités réelles, et non de simples promesses renouvelées après chaque tragédie dans cette partie du territoire congolais.

Raphaël Lumoo, correspondant en RDC pour 
Akondanews.net

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