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Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, l’opposant politique Delly Sesanga a été brièvement interpellé par les éléments de la Police Nationale Congolaise (PNC) ce jeudi 14 novembre. Arrêté alors qu’il distribuait des tracts dénonçant un projet de révision constitutionnelle initié par le régime de Félix Tshisekedi, Delly Sesanga a été libéré quelques heures après, en compagnie de Bernadette Kalamu, membre active de la plateforme Sursaut patriotique.
La scène s’est déroulée sur l’avenue Bongolo, dans la commune de Kalamu. Selon Rodrigue Ramazani, secrétaire général du parti ENVOL, l’Hôtel de Ville de Kinshasa avait pourtant été informé au préalable de cette campagne de sensibilisation menée par Delly Sesanga. L’arrestation, jugée “brutale” par les membres de son parti, a également été marquée par la dispersion des militants présents sur les lieux.
S’exprimant sur cet incident, Rodrigue Ramazani a rappelé que cette campagne, organisée sous l’égide de la plateforme Sursaut patriotique, avait été lancée début novembre lors d’une conférence de presse animée par Delly Sesanga. Il déplore ainsi les méthodes employées par les forces de l’ordre, qu’il considère comme une atteinte aux droits fondamentaux de manifestation et de libre expression.
Cette arrestation intervient dans un climat politique tendu en RDC, marqué par des débats houleux autour d’un éventuel amendement de la Constitution. Si certains soutiennent que la révision pourrait renforcer les institutions et moderniser le pays, d’autres, à l’instar de Delly Sesanga, dénoncent une tentative de consolidation du pouvoir au détriment des acquis démocratiques.
L’honorable Steve Mbikayi, proche du pouvoir, a toutefois appelé au respect des principes démocratiques, déclarant : « Dès lors que nous avons des arguments solides pour justifier la révision de la Constitution et que nous organisons des marches de soutien à l’initiative du Chef de l’État, laissons aussi les opposants argumenter et manifester démocratiquement, au risque de ternir notre image aux yeux de la communauté nationale et internationale. »
Face à cette répression, la plateforme Sursaut patriotique a annoncé un grand meeting le 16 décembre 2024. Cet événement vise à marquer la mémoire du référendum constitutionnel de décembre 2005 et à réaffirmer l’attachement du peuple congolais à la Constitution de 2006, perçue comme le socle de la réunification nationale et de la stabilité politique en RDC.
Dans un contexte où l’opposition dénonce une dérive autoritaire du pouvoir en place, le régime Tshisekedi est accusé de vouloir instaurer un “crime d’opinion” en muselant les voix dissidentes. Cette situation pourrait exacerber les tensions politiques alors que la population attend des réponses concrètes aux défis quotidiens liés à la sécurité et au social.
Raphael Lumoo