RDC : Les prisonnières violées à Lubumbashi décrivent l’horreur lors du procès

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Kinshasa, le 14 décembre 2021- Plus d’un an après les viols subis par une vingtaine de femmes détenues à la prison de Kasapa à Lubumbashi, le procès s’est ouvert le lundi 13 décembre, et les 20 plaignantes ont été confrontées aux prévenus accusés non seulement de viols mais aussi d’incendies criminels et de tentative d’évasion. Ils risquent plus de 20 ans de prison. Ces femmes détenues avaient été violées lors d’un soulèvement de prisonniers dans la nuit du 25 au 26 septembre 2020.

C’est sous un avocatier, dans la cour de la prison de Kasapa, que l’audience s’est ouverte ce lundi. Il est 12 heures. Sur les 20 plaignantes, 17 sont physiquement présentes, toutes voilées et identifiées par une numérotation pour des raisons de sécurité et la confidentialité. Elles sont assistées par leurs avocats.

L’une d’elle, « numéro 17 », un bébé de près de 4 mois entre ses mains, s’avance devant le tribunal. « J’ai eu ce bébé à la suite du viol », témoigne-t-elle. « J’ai été abusée par plusieurs prisonniers. Mon enfant ne connaîtra pas son papa », ajoute-t-elle, avant de fondre en larmes.

Autre témoignage à la barre, celui d’une mineure d’environ 17 ans, « numéro 8 ». Elle raconte ce qui lui est arrivée « Le soir du 25 septembre 2020, alors que les émeutes éclatent, je me suis retrouvée devant trois prisonniers qui m’ont violé en me menaçant avec une machette » avant de pointer du doigt iles trois auteurs présumés parmi les accusés.

Les accusés, sourire aux lèvres pour la plupart,  affirment que « c’est un montage ». La prochaine audience est fixée au lundi 20 décembre. Elle sera consacrée au réquisitoire du ministère public et à la plaidoirie.

Les personnes ayant habité une fois dans une prison en République du Congo, dénonce une vie de misères, en raison de l’absence d’un système adéquat de sécurisation des maisons pénitentiaires, le manque de vivres, le racket aux visiteurs et biens de dysfonctionnements liés à l’administration judiciaire qui peine à se moderniser en mettant en place un système de gestion et de traitement ordonné des dossiers.

Raphael LUMOO

Akondanews.net

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