RDC : Le procès des forages et lampadaires renvoyé au 2 décembre 2024

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L’affaire très médiatisée concernant la construction des forages et lampadaires en République Démocratique du Congo (RDC) a été reportée au lundi 2 décembre 2024. Cette audience sera marquée par l’audition d’anciens ministres et de hauts responsables, notamment Guy Mukulu (ancien ministre du Développement rural), Nicolas Kazadi (ancien ministre des Finances), Muhindo Nzangi Butondo (actuel ministre du Développement rural), ainsi que des représentants de l’Inspection Générale des Finances (IGF) et de l’Office National de l’Hydraulique Rurale (ONHR). Ces personnalités comparaîtront devant la Cour de cassation en qualité de témoins pour apporter des éclairages sur cette affaire qui met en jeu des fonds publics considérables.

Un procès complexe et des révélations troublantes

Lors de l’audience du 25 novembre 2024, l’instruction a permis de recueillir les dépositions des prévenus François Rubota et Mike Kasenga, accusés respectivement de complicité et de détournement de fonds publics.

François Rubota, actuellement en liberté provisoire, a déclaré avoir empêché l’ancien ministre des Finances de décaisser l’intégralité des 375 millions USD prévus, en raison de l’absence d’avancée significative dans les travaux. Selon lui, les retards d’exécution étaient liés au manque de préparation des sites de construction par le gouvernement congolais.

De son côté, Mike Kasenga, directeur du consortium CVR Construct Cameroun Sarl et Sotrad Water, a expliqué que le contexte de la pandémie de Covid-19 avait rendu difficile le décaissement des fonds, l’obligeant à solliciter des avances auprès de l’ancien ministre des Finances. Il a affirmé que 126 stations avaient été exécutées, dont 70 déjà livrées.

Des accusations graves de détournement

Mike Kasenga est accusé d’avoir détourné 46 963 160 USD, sur un montant total de 71 816 829 USD reçu du ministère des Finances. Ce montant devait financer l’installation de 241 forages et stations mobiles de traitement d’eau, d’une capacité variant entre 2,5 et 10 mètres cubes par heure.

François Rubota, pour sa part, est accusé de complicité pour avoir demandé au ministre des Finances de payer Mike Kasenga, bien que ce dernier n’ait pas encore honoré ses engagements contractuels. Selon les termes de l’article 5 alinéa 2 du contrat signé le 21 avril 2021, les travaux devaient être préfinancés par Mike Kasenga.P

Des enjeux financiers et sociaux majeurs

Ce procès, qui soulève des questions sur la gestion des fonds publics et l’intégrité des contrats signés avec des prestataires privés, intervient dans un contexte de fortes attentes de la population congolaise. La fourniture d’eau potable et d’infrastructures d’éclairage public est un enjeu crucial pour des millions de citoyens en milieu rural.

Prochaines étapes

La prochaine audience sera déterminante pour faire la lumière sur les responsabilités des différents acteurs impliqués. Les témoignages des anciens et actuels ministres, ainsi que des représentants des institutions concernées, seront cruciaux pour établir les faits.

L’opinion publique, tout comme les organisations de la société civile, attend avec impatience que justice soit rendue dans ce dossier emblématique des défis de gouvernance en RDC.

Raphaël Lumoo, correspondant à Kinshasa

Akondanews.net

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