RDC : La flambée des prix de la tomate à Goma, un défi pour les ménages

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Goma, décembre 2024 – Alors que les fêtes de fin d’année approchent, les habitants de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, font face à une hausse significative des prix des denrées alimentaires. Parmi les produits les plus touchés figure la tomate, dont le prix du bassin est passé de 80 000 à 150 000 Francs congolais en l’espace de deux semaines.

Cette flambée des prix met à rude épreuve le budget des ménages dans une ville déjà fragilisée par les conflits armés. Les marchés locaux, tels que 2 Lampes et Kahembe, témoignent de l’impact direct sur la vie quotidienne des habitants.

Une pression accrue sur les ménages

La montée en flèche des prix de la tomate complique l’accès à cet aliment de base, essentiel dans la cuisine locale. Dorothée Kabuo, une ménagère interrogée par Akondanews.net, exprime sa frustration :

« Je n’ai pas le choix, je dois acheter une boule de tomate à 500 FC, alors qu’il n’y a pas si longtemps, je pouvais en acheter quatre pour le même prix. »

Pour beaucoup de familles, cette hausse survient à un moment critique, où la demande pour ce produit augmente en raison des festivités de fin d’année.

Les commerçants également désemparés

Les petits commerçants ne sont pas en mesure d’expliquer cette hausse soudaine. Jeanne Manyumba, membre de l’association des petits commerçants transfrontaliers Goma-Gisenyi, souligne

« Nous achetons actuellement un bassin à 150 000 FC, alors qu’il coûtait 80 000 il y a quelques semaines. Nous ignorons les raisons de cette flambée des prix. Depuis début décembre, la situation persiste et nous ne comprenons pas ce qui se passe.

Des alternatives coûteuses et incertaines 

Face à l’inflation, certains ménages se tournent vers les tomates en conserve, moins chères mais perçues comme moins saines. Une consommatrice explique :

« Aujourd’hui, avec 500 FC, je peux acheter des tomates en conserve pour cuisiner. Mais pour les tomates naturelles, il faut payer plus de 1 000 FC. Bien que je préfère les naturelles, je choisis celles en conserve, même si elles sont considérées comme sources de certaines maladies. »

Conflits armés et dépendance aux importations

La ville de Goma, qui compte plus de 4 millions d’habitants, dépend des pays voisins, notamment le Rwanda et la Tanzanie, pour l’importation de tomates. Traditionnellement, les territoires de Masisi, Rutshuru et Nyiragongo, riches en production agricole, auraient pu fournir ce produit. Cependant, les conflits armés dans ces régions ont gravement perturbé l’agriculture locale, aggravant ainsi la crise alimentaire à Goma.

Une situation préoccupante

Cette hausse des prix illustre les défis économiques et sociaux auxquels sont confrontés les habitants de Goma. Entre conflits armés, dépendance aux importations et instabilité des prix, les ménages doivent faire preuve de résilience pour s’adapter à une situation qui impacte directement leur quotidien.

Raphaël Lumoo, correspondant à Kinshasa

Akondanews.net

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