|
Lecteur Audio
Getting your Trinity Audio player ready...
|
Après plusieurs reports, la Cour de cassation de la République démocratique du Congo a rendu son verdict ce mardi 2 septembre dans l’affaire impliquant l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba. Reconnu coupable de détournement de fonds publics, il a été condamné à trois ans de travaux forcés.
Le dossier concerne le détournement de 19 millions de dollars américains destinés à la construction d’une prison à Kisangani. Selon le jugement, Mutamba a transféré ces fonds à la société Zion Construction SARL sans respecter les procédures légales de passation de marchés publics. Le président de la Cour, Jacques Kabasele, a souligné que cette opération visait à « enrichir frauduleusement la société Zion Construction au préjudice de l’État ».
Outre la peine principale, l’ancien ministre est frappé de plusieurs sanctions complémentaires :
– Interdiction de voter et d’être éligible pendant cinq ans après l’exécution de sa peine.
– Exclusion définitive de toute fonction publique.
– Privation du droit à la libération conditionnelle et à la réhabilitation.
Obligation de restituer les 19 millions de dollars détournés
Constant Mutamba, qui avait démissionné de son poste en juin dernier en dénonçant un « complot politique », a toujours nié les faits. Lors de son procès, il s’est présenté comme une victime d’une justice instrumentalisée, se comparant à des figures historiques telles que Nelson Mandela et Patrice Lumumba.
Le verdict a suscité des réactions mitigées au sein de la population congolaise. Si certains saluent une avancée dans la lutte contre la corruption, d’autres dénoncent une justice à deux vitesses, pointant du doigt l’impunité dont bénéficieraient certaines personnalités politiques toujours en fonction.
Ce procès met en lumière les défis persistants de la RDC en matière de gouvernance et de transparence, dans un contexte où la corruption reste un obstacle majeur au développement du pays.
La rédaction
Akondanews.net