|
Lecteur Audio
Getting your Trinity Audio player ready...
|
Kinshasa, 20 avril 2025 – La tension monte d’un cran en République Démocratique du Congo après la rumeur insistante du retour supposé de l’ancien président Joseph Kabila par la ville de Goma, une zone aujourd’hui sous contrôle de l’AFC/M23. Face à cette information relayée abondamment sur les réseaux sociaux et certains médias, tant nationaux qu’internationaux, Kinshasa a choisi de rompre le silence, réagissant avec une rare vigueur.
Selon les sources, l’ancien chef de l’État aurait pénétré le territoire congolais par la ville de Goma via Kigali, bien qu’aucune preuve tangible ne vienne confirmer cette thèse. Une enquête menée par AkondaNews.net dans les zones contrôlées par l’AFC/M23 n’a révélé aucune trace de Joseph Kabila à Goma. Plusieurs membres de son entourage localement contactés sont restés silencieux, à l’exception de Barbara Nzembi, sa chargée de communication, qui a promis une prise de parole imminente de l’ancien président.
La réaction du pouvoir congolais n’a pas tardé. Le ministère de la Justice a instruit l’auditeur général des FARDC ainsi que le procureur de la Cour de cassation d’engager des poursuites judiciaires contre Joseph Kabila et certains responsables de son parti, le PPRD/FCC, les accusant de complicité avec l’ennemi à travers leur lien supposé avec le mouvement armé AFC/M23.
Dans la foulée, le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières a suspendu toutes les activités du PPRD sur l’ensemble du territoire national, comme en atteste le communiqué officiel n°25/CAB/VPM/MINTERSEDECAC/SLBJ/09/2025 daté du 19 avril 2025.
Patrick Muyaya Katembwe, porte-parole du gouvernement, a pour sa part déclaré depuis Lubumbashi que le retour de l’ancien président, s’il est avéré, soulève de nombreuses questions. « On attend d’écouter, car il ne faut pas présumer. Mais il faut se rappeler que le président de la République avait déjà évoqué les liens supposés entre Kabila et l’AFC », a-t-il affirmé, en appelant à la prudence.
Pour plusieurs analystes, cette série de réactions pourrait paradoxalement renforcer les tensions déjà explosives dans l’Est du pays. Dans son commentaire, un acteur politique de la région met en garde : « Joseph Kabila n’est pas un acteur anodin. Il représente une stature au-delà de la RDC. Son éventuel retour dans une zone occupée n’est pas un geste anodin. »
Alors que la population civile continue de souffrir dans les zones de conflit, certains observateurs s’interrogent : que vaudraient ces décisions si Joseph Kabila, exilé en Afrique du Sud depuis deux ans, ne comptait finalement pas rentrer ? Et surtout, la RDC peut-elle espérer une sortie de crise dans un climat politique aussi volatile ?
La Rédaction
Akondanews.net