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Le processus de paix engagé sous l’égide de Luanda semble marquer une étape décisive avec l’engagement des parties prenantes aux négociations entre Kinshasa et l’AFC/M23. Toutes les parties ont confirmé leur disponibilité pour participer à ces assises, prévues pour le mardi 18 mars 2025 dans la capitale angolaise. Ce développement marque une avancée significative, tant les discussions avec le M23 étaient jusque-là considérées comme une ligne rouge pour le gouvernement congolais.

Une participation de haut niveau de Kinshasa et du M23
Après l’invitation officielle de Bertrand Bisimwa, président du M23, ce dernier a accusé réception via son compte X (ex-Twitter), confirmant ainsi la présence du mouvement rebelle aux discussions. En réponse, Kinshasa a, par le biais d’une communication officielle, validé sa participation en désignant Jean-Pierre Bemba Gombo, Vice-Premier ministre en charge des Transports et membre influent de l’Union sacrée de la nation. Il sera assisté par André Mbata et Évariste Boshab, deux figures politiques majeures.
Cette ouverture au dialogue, longtemps perçue comme improbable, intervient dans un climat toujours tendu sur le terrain, où l’AFC/M23 continue ses avancées militaires.
Le M23 maintient sa posture offensive
Malgré cette avancée diplomatique, la situation sécuritaire reste préoccupante sur le terrain. Selon plusieurs sources, les combattants de l’AFC/M23 poursuivent leur progression, notamment en direction de Kibua, à 54 kilomètres de Walikale centre, où des affrontements ont été signalés ce dimanche 16 mars. Les Forces armées de la RDC (FARDC), soutenues par les VDP/Wazalendo, tentent de contenir cette offensive, accentuant ainsi la pression sur les négociateurs à Luanda.
Par ailleurs, le coordonnateur de l’AFC/M23, Corneille Nanga, a profité d’un entretien accordé à la presse pour durcir son discours contre le gouvernement congolais. Il a appelé le président Félix Tshisekedi à démissionner, estimant qu’“il faut refonder l’État”. Il reproche notamment au chef de l’État d’avoir fait appel à des forces étrangères au détriment de l’armée congolaise, dénonçant la présence de mercenaires burundais, ougandais, tanzaniens, sud-africains et malawites sur le sol congolais.
Une société civile préoccupée par l’issue des discussions
Alors que la population de l’Est de la RDC continue de souffrir des conséquences du conflit, la Nouvelle Société Civile du Congo exprime ses inquiétudes sur la portée réelle de ces négociations. Son coordinateur, Jonas Tchombela, estime que ces discussions devraient s’inscrire dans un cadre plus inclusif, tenant compte de la voix de l’ensemble des Congolais.
“Dans cette configuration, le risque est grand que ces assises prennent davantage en compte les revendications des pays voisins, qui instrumentalisent certains Congolais pour les pousser à prendre les armes contre leur propre pays”, a-t-il déclaré.
Un espoir prudent pour la population congolaise
Les attentes de la population congolaise, en particulier celles des habitants de l’Est du pays, sont grandes. Victimes de nombreuses violations des droits humains, ces derniers espèrent voir émerger de ces négociations une solution durable à la crise qui secoue leur région depuis plusieurs années. Toutefois, la persistance des combats sur le terrain et la fermeté des positions des protagonistes laissent planer une incertitude sur l’issue de ces discussions.
Alors que les pourparlers s’ouvrent sous haute tension à Luanda, une question cruciale demeure : ces négociations marqueront-elles enfin le début de la fin du conflit ou ne seront-elles qu’un nouvel épisode d’un cycle de violence qui semble sans fin ? Seule l’issue de ces assises permettra d’en juger.
Rédaction
Akondanews.net