RDC : Judith Suminwa à Goma pour évaluer l’état de siège dans le Nord-Kivu et l’Ituri

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Trois ans après l’instauration de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, une mesure exceptionnelle initiée en mai 2021 par le Président Félix Antoine Tshisekedi pour lutter contre l’insécurité et les groupes armés, Judith Suminwa, Première ministre de la République démocratique du Congo, est arrivée à Goma pour une mission d’évaluation.

Cette mission, qui comprend des consultations avec différentes couches de la population et les autorités locales, vise à recueillir des informations sur l’impact de cette mesure. Cependant, les résultats de l’état de siège restent largement contestés, de nombreuses voix critiquant son incapacité à rétablir la paix et la stabilité promises.

Une mesure controversée

L’état de siège, prolongé à maintes reprises depuis son instauration, avait pour objectif principal la traque des groupes armés et la restauration de la paix. Pourtant, les provinces concernées continuent de subir des affrontements réguliers et une insécurité généralisée, notamment à Beni et en Ituri.

Lors des consultations organisées l’an dernier à Kinshasa avec des notables, des membres de la société civile et des acteurs politiques des provinces concernées, la majorité avait recommandé la levée de cette mesure exceptionnelle. Ils avaient dénoncé son éloignement de ses objectifs initiaux et son impact négatif sur les droits des citoyens et la gouvernance locale.

Une mission d’évaluation sous tension

À son arrivée à l’aéroport de Goma, Judith Suminwa a été accueillie par des manifestants divisés. Certains soutenaient l’état de siège, comme l’indiquaient les affiches brandies, tandis que d’autres scandaient des slogans exigeant sa levée. Ces derniers ont été éloignés du cortège de la Première ministre, dont les consultations se sont déroulées dans un cadre restreint, au luxueux hôtel Serena de Goma.

Cette approche a été critiquée, certains accusant la délégation de ne pas prendre en compte les témoignages des populations vivant dans les camps de déplacés, où la précarité est omniprésente. Ces déplacés, directement affectés par la situation sécuritaire, auraient pu offrir une perspective plus authentique sur l’impact de l’état de siège.

Un agenda chargé pour la délégation

La délégation gouvernementale, composée de ministres, sénateurs, députés nationaux et membres du cabinet présidentiel, passera deux jours à Goma et à Bunia. Elle rencontrera des autorités civiles et militaires pour recueillir des données sur les défis et les progrès liés à cette mesure exceptionnelle.

Alors que les critiques sur l’impact de l’état de siège se multiplient, la Première ministre espère que cette mission fournira une base solide pour prendre une décision éclairée sur son avenir. Une déclaration officielle est attendue à la fin de la visite, précisant si le gouvernement optera pour la prolongation ou la levée de cette mesure.

Vers une approche plus équilibrée ?

Cette visite pourrait marquer un tournant dans la gestion de la crise sécuritaire au Nord-Kivu et en Ituri. Les autorités sont appelées à tirer des leçons des précédentes évaluations menées par divers acteurs pour adopter une approche plus équilibrée et adaptée.

Pour les populations victimes de l’insécurité et des mesures restrictives liées à l’état de siège, l’espoir d’une décision rationnelle et favorable à leur quotidien reste une priorité.

Raphaël Lumoo, correspondant à Kinshasa

Akondanews.net

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