RDC : Divergences autour des frappes Ougandaises : le malaise du gouvernement ?

Après avoir nié l’autorisation accordée à l’armée ougandaise de combattre les ADF sur le sol congolais et limité la coopération militaire avec Kampala relative précisément aux échanges de renseignements, le porte-parole du gouvernement congolais, a annoncé, le mardi 30 novembre 2021, le démarrage des actions ciblées et concertées avec l’armée ougandaise avec des frappes aériennes et des tirs d’artillerie à partir de l’Ouganda sur les positions des ADF.

L’armée ougandaise effectue-t-elle des frappes aériennes sur le sol congolais sans entrer dans son espace aérien ? Ou encore, les Chefs d’Etat des deux pays ont-ils unilatéralement accordé chacun son accord pour la réalisation d’une telle opération sur le sol congolais ?, difficile de la savoir précisément.

En plus du fait que les opérations militaires relèvent du secret-défense, Kinshasa est, visiblement mal à l’aise face à cette décision qui le met en porte en faux avec l’opinion, car l’armée congolaise a toujours été infiltrée dans pareilles situations en raison de l’absence de balises juridiques devant encadrer toute intervention d’une force étrangère sur le sol congolais. Est-ce pour surprendre et contenir l’ennemie ?

En réalité, si l’on considère que les provinces en proie à la rébellion des ADF sont sous état de siège, l’intervention d’une armée étrangère sonne comme un échec de cet état d’exception à laquelle la société civile a toujours appelé à mettre fin.

Quel crédit accordé à ces opérations ?

Cette invitation suscite des remous au sein de la classe politique et sociale de la RDC car l’histoire renseigne que chaque fois que cette armée intervient sur le sol congolais même dans l’informel, celle-ci se livre plutôt au négoce du cacao, à la commercialisation de Bois et à l’exploitation du pétrole dans le parc de Virunga. Aussi, se rend-elle coupable de plusieurs violations de droits de l’homme, à l’instar de la guerre de six jours à Kisangani qui a couté la vie à plus de 8000 personnes  suite à l’affrontement avec l’armée rwandaise.

Pour sa part, Ouganda explique cette opération dans le but de vouloir sécuriser les activités économiques qui se développent entre les deux pays mais aussi assurer la protection des biens et des personnes.

Et cette opération intervient, après trois explosions terroristes revendiquées par l’ADF dans la capitale ougandaise lesquelles ont coûté la vie à trois personnes en novembre 2021 dernier.

Toutefois, pour rappel, l’armée congolaise qui a lancé plusieurs assauts contre l’ADF, peine à contenir l’avancée des rebelles et à sécuriser ses frontières terrestres en dépit du déploiement massif de ses troupes et de l’instauration d’un état de siège jugé fort inefficace.

Déstructurée et indisciplinée, l’armée congolaise souffre davantage du manque d’équipements et de la logique devant lui permettre à faire face aux attaques répétées de l’ADF sur son sol.

Par ailleurs, une éventuelle collaboration militaire avec les forces ougandaises pour mieux combattre les rebelles de l’ADF, devraient se définir dans un cadre beaucoup plus légal avec l’avis du parlement congolais, aux fins de baliser la coopération militaire ougandaise aux côtés des FARDC.

Une large coopération militaire entre tous les pays de la zone contre l’avancée du terrorisme et de la rébellion de l’ADF, ne serait-elle pas plus judicieuse qu’à se limiter à une coopération entre le Congo et l’Ouganda ?

Raphael LUMOO

Akondanews.net

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