|
Lecteur Audio
Getting your Trinity Audio player ready...
|
La République Démocratique du Congo, souvent qualifiée de “scandale géologique” en raison de ses vastes ressources naturelles, continue de faire face aux défis de leur exploitation illicite. Récemment, au Sud-Kivu, précisément sur le site minier de Karhembo dans le groupement Rhubimbi, territoire de Walungu, plus de 15 ressortissants chinois en situation irrégulière ont été arrêtés en plein exercice d’activités minières illégales. Ces individus étaient accompagnés de quatre Congolais, de deux interprètes (un Burundais et un Congolais), ainsi que de leurs véhicules.
Ces personnes ont été présentées à la presse à Bukavu par le ministre provincial des Finances, Bernard Muhindo. Celui-ci était accompagné de la Directrice provinciale de mobilisation et d’encadrement des recettes (DPMER) et de Béatrice Nanvano, députée provinciale élue de Walungu, qui a coordonné cette opération. L’objectif de la mission était de vérifier les informations concernant une exploitation minière illégale orchestrée par une société chinoise.
Une exploitation illégale à grande échelle
Sur le site, la délégation a découvert des activités d’extraction de minerais, dont de l’or, du mercure rouge et de la cassitérite, en l’absence de tout permis ou document d’identité valide. Les responsables ont également avoué que 64 ressortissants chinois travaillaient sur ce site, prétendant que leur bureau administratif se situait à Bukavu. Bernard Muhindo a expliqué que des responsables avaient été emmenés afin de fournir les documents requis pour régulariser leur situation.
Pressions politiques et corruption dénoncées
Depuis cette arrestation, des interventions de haut niveau ont été signalées, des ministres et autres personnalités influentes de Kinshasa ayant tenté d’obtenir la libération des Chinois par le biais de promesses de pots-de-vin. Cependant, Bernard Muhindo a déclaré fermement : « Nous ne céderons à aucune pression ni corruption. Les richesses minérales du Congo appartiennent aux Congolais. »
Conséquences environnementales et exploitation des travailleurs
Béatrice Nanvano a dénoncé les impacts environnementaux causés par ces activités illégales, notamment l’abattage d’arbres et l’utilisation abusive de cachots pour punir les travailleurs locaux. La députée a également révélé l’existence de 39 autres sites d’exploitation non reconnus par l’État dans le territoire de Walungu.
La Présidente du Bureau de Coordination de la Société Civile du Sud-Kivu, Me Néné Bintu Iragi, a exhorté le gouvernement provincial à maintenir une position ferme face aux pressions politiques, soulignant que la protection des intérêts des populations locales doit primer sur tout.
Une régulation nécessaire pour un secteur minier durable
Depuis son arrivée au pouvoir, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a suspendu toutes les activités minières non conformes dans la province. Cependant, l’affaire de Karhembo illustre les défis persistants de la régulation du secteur minier.
Cette arrestation marque un pas significatif vers l’assainissement de ce secteur stratégique. Bernard Muhindo a réaffirmé l’engagement du gouvernement provincial à appliquer les lois en vigueur afin de maximiser les recettes au profit de la population congolaise.
Le combat pour protéger les richesses naturelles de la RDC demeure crucial dans un contexte où les pressions internes et externes continuent de peser sur ce pays aux ressources incommensurables.
Raphaël LUMOO, correspondant à Kinshasa
Akondanews.net