RDC – À Ruvungi, Guidon Shimiray lance un appel à l’unité et à la mobilisation face à la menace ennemie dans le Masisi-Walikale

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Ruvungi, 17 mai 2025 – Dans un climat de tension croissante à l’Est de la République démocratique du Congo, le Lieutenant-Général autoproclamé Guidon Mwissa Shimiray, figure controversée mais influente de la résistance armée locale, a lancé un appel fort à l’unité et à la mobilisation populaire. Depuis la localité stratégique de Ruvungi, il a exhorté les habitants de l’axe Walikale–Kibua à se rassembler autour d’un front commun contre l’ennemi, alors que les combats s’intensifient dans les territoires de Masisi, à environ 84 kilomètres de Goma.

Une montée en puissance de la menace ennemie

Le message de Guidon intervient alors que les forces ennemies renforcent leurs positions sur plusieurs lignes de front dans le Masisi, territoire frontalier de Walikale. Cette zone est depuis plusieurs semaines le théâtre d’affrontements sporadiques et de tentatives d’incursions rebelles, exploitées par des groupes armés profitant du vide sécuritaire et des faiblesses logistiques des forces loyalistes.

Face à cette menace grandissante, les FARDC (Forces armées de la RDC), les Wazalendo – coalition de groupes d’autodéfense communautaires – et la Réserve Armée pour la Défense (RAD) tentent de structurer une riposte coordonnée, bien que des tensions internes subsistent quant aux lignes de commandement et aux responsabilités opérationnelles.

Un appel à l’unité, à la cohésion et à la résistance civile

Devant une foule mobilisée à Ruvungi, le Général Guidon Shimiray a appelé à la fin des divisions, insistant sur la nécessité de renforcer la cohésion entre les forces armées, les milices de résistance et les populations locales.

« C’est ensemble, et seulement ensemble, que nous pourrons défendre notre terre contre l’envahisseur. Nous ne pouvons plus nous permettre la dispersion. », a-t-il déclaré avec fermeté.

Ce discours s’inscrit dans une dynamique de mobilisation générale. Guidon a exhorté les jeunes à rejoindre les rangs des forces de défense, en particulier les Wazalendo, considérés dans plusieurs localités comme des remparts face à l’inaction ou à l’épuisement des troupes régulières.

Une mobilisation en progression

Selon les observateurs sur le terrain, de nombreux jeunes affluent déjà vers les centres de recrutement informels établis dans les localités de Walikale et Kibua. Une tendance qui témoigne d’un réveil patriotique, mais qui soulève aussi des inquiétudes : absence de cadre légal pour l’intégration des combattants, manque de formation adéquate, et risques d’enrôlement abusif.

Cette dynamique de mobilisation locale est toutefois perçue comme un tournant par les acteurs de la société civile. Pour eux, l’implication active de la population peut compenser le déficit de déploiement de l’État dans des zones laissées pour compte depuis des années.

Entre résistance populaire et ambiguïté politique

La figure de Guidon Shimiray, ancien membre du groupe Nduma Defense of Congo (NDC) et longtemps considéré comme un chef de guerre recherché, reste toutefois sujette à controverse. Son retour au premier plan sous l’étiquette de la résistance citoyenne pose question sur les frontières entre milices d’autodéfense, insurrection armée et légitimité populaire.

Mais dans une région où la survie prime souvent sur les cadres institutionnels, sa voix résonne comme un appel à l’union sacrée, là où les institutions de l’État ont échoué à garantir paix et sécurité.

Une étape décisive pour Walikale

Le territoire de Walikale, longtemps relégué au second plan dans les opérations militaires, se retrouve désormais au cœur de la stratégie de défense de l’Est congolais. Sa position géographique, ses ressources naturelles, et sa proximité avec les lignes de front en font une cible privilégiée des groupes rebelles cherchant à s’étendre vers le nord du Nord-Kivu.

L’appel lancé à Ruvungi peut donc marquer un tournant dans la capacité de mobilisation populaire contre l’insécurité, à condition que cette résistance s’inscrive dans un cadre coordonné, reconnu, et respectueux du droit humanitaire.

Akondanews.net continuera de suivre de près l’évolution de la situation dans les territoires de Walikale et Masisi, où l’espoir d’un sursaut national se heurte encore trop souvent à la réalité d’un État affaibli et d’une population livrée à elle-même.

La rédaction

Contact presse : info@akondanews.net

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